31 décembre 2024

30. Le dernier des Mohicans

 Ecrit le 26, 27 et 30/12/2024 à Alsting
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Archéologie

Edmond Wells était tombé sur les dossiers non publiés. Dont un qui s’intitulait « Chapitre 1 : La conquête du PSG ». Il commençait comme ceci :

« Le franco-beneluxien et surtout néerlandophone Nicolas Bonne-Maison avait fait son business avec les paris en ligne sur le sport amateur dans les fédérations de Belgique et du Luxembourg. Quand il se lança sur le marché français se fut une réussite totale. Les "frouzes", comme il les appelait affectueusement, étaient friands de jeu et d'argent... Tenté par racheter le Lille OSC, c'est finalement sur le Royal Antwerp FC que se jettera le dévolu du businessman de 34 ans - en tout cas dans un premier temps. »

Wells saute deux paragraphes, et voilà que l’aventure s’accélère…

« Trois ans plus tard, après s'être diversifié dans les affaires et notamment en Asie du Sud-Est, il négocia avec QSI et l'état qatari la reprise du Paris Saint-Germain ; il faut dire que la machine quatarienne s'était grippée et usée à Paris, et n'avait pas atteint les objectifs de gagner une Ligue des Champions. Comme atout, Nicolas pouvait jouer la carte de l'amitié de l'ancien président de la République, Emmanuel Macron; et même si ce dernier ne cachait pas son admiration pour les rivaux de l'OM, il fut une aide notable pour finaliser la transaction. »

Wells avait compris que ce texte ne l’aiderait pas dans son enquête. Il lut encore quelques paragraphes plus bas, mais ça n’était même pas amusant. Le style un peu provoquant de l’auteur ne s’illustrait pas spécialement dans ces pages. Et là Wells ouvrit un nouveau chapitre qui semblait bien plus prometteur, puisqu’il parlait de la carrière de Mickey Stevenborg au Servette FC.

Henry, Mickey et les autres

Dans les faits, Metz, Servette et Torino s’étaient déjà rapprochés ; le premier tournoi s’était tenu à Genève l’été dernier, alors qu’Henry Stevenborg était intervenu à haut niveau, notamment auprès de Lewis Montcalm, le président de Heart, pour raccrocher les écossais des Heart Of Midlothian, et être à l’origine du fameux premier tournoi d’été accueilli et remporté par le Servette FC. Là, l’accord avec le légendaire Barcelone semble être solide. On renforçait durablement ce qui pouvait être appelée une alliance digne de ses concurrentes.

Mickey Stevenborg avait demandé à Hussayn Touati de faire encore une saison. Le joueur qui venait de raccrocher au Paris FC, avait aussi reçu l’appel de Valdo Fischer puis de Bérénice Julianne. Flatté, il rempilait. Mais seulement pour une saison. Affronter Barcelone dès le premier tour, dans un match disputé exceptionnellement à St Symphorien, ça valait qu’on se démène pour trouver des ressources humaines de poids et de renom. Et trois jours plus tard, Mickey ferait une annonce encore plus retentissante.

Luciano Bahamontes

Mikael Falk-Shapovalov, le capitaine n°1, serrait la main de Werner Scarer, le capitaine n°2. Ce match de football en salle recevait un ballon offert par Luciano Bahamontes, petit-fils de cycliste, et milieu défensif carrément infatigable, désormais à la retraite. « Le faucon de Séville », un homme loyal et fidèle, avait eu le temps de contribuer à lancer Toro dans ses exploits, avant de raccrocher à la fin de la saison dernière. Il se dandinait un peu quand il marchait, mais quel marcheur. 16 ou 17 kilomètres par partie, était son score habituel, son « KPI ». Il joue le coup d’envoi, salue la foule qui l’ovationne, ça y est le tournoi en salle de Madrid peut commencer. Et lui de s’éclipser.

Adepte de vélo, Bahamontes ne venait jamais à l’entrainement ni aux rassemblements en voiture. Luciano en a connu des époques, celle de « La Quinta del Buitre » dans sa petite enfance, celle du grand FC Barcelone, celles plus récentes de Vinicius Junior et Mbappé, lors de ses premiers contrats, ou de Fenwick et Scarer, en fin de carrière. Mais c’est uniquement au FC Séville qu’il a fait sa carrière, toute sa carrière, 23 ans de longévité dans le football professionnel. 23 ans en milieu défensif. Un ratisseur hors pair. Le duo avec le britannique Georges Monroe restera comme un duo quasi-imbattable. A Séville, il avait encore contribué à donner ses lettres de noblesses à Robbie Grass lors d’une double-confrontation contre Hambourg, mais ça, c’était une autre histoire à imaginer une autre fois.

Chapman & McAllister

Au plus profond de ses souvenirs, M se souvint de rêver de ces clubs où tout était possible, parce que le mystère y était conservé. L’imaginaire couvait une grande passion humaine. Il en allait de ce Leeds United du tout début des années 90 du siècle dernier, quand Lee Chapman et Gary McAllister entraient sur le terrain et les exploits s’enchainaient. Il y avait encore Gordon Strachan et il y eut l’arrivée d’Eric Cantona, le frenchie roi des fantasques, un idéaliste, un rêveur extrême, un romantique un peu (trop) radical. Mais quel charme !

Les feuillets s’égrainaient et l’imaginaire développait un effectif, une histoire, des exploits, bien avant Football manager et ses ancêtres. Les quelques rushs de la télévision et les rares pages de magazines enrichissaient cet imaginaire de foule chantante, de victoires et de héros. Et les pages papier s’égrainaient encore et encore… comme les pétales de fleur.

C’est un peu ça la base du football romantique, celle de héros édulcorés, celle d’un idéalisme humain cependant basé sur le collectif, la combativité, l’identité. Un drôle de mélange, dont le dosage est peut-être propre à chacun.

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