Ecrit les 25 et 26/12/2024 à Alsting
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Werner
Mike Scarer et son cousin Werner Scarer jouaient au FC Metz. Si Mike avait choisi un passeport français, Werner avait opté pour la version bénéluxienne. Selon lui, on ne pouvait pas rester insensible à l’appel de l’Union ni aux exploits de Henry Stevenborg aux JO de 2032, avec cette formation du lion dans son chant du cygne qui avait décroché une extraordinaire médaille d’argent. La première médaille d’argent depuis les Jeux d’Albertville, 40 ans plus tôt.
Bref, Mike, Werner et aussi Max, défendaient les couleurs de 3 nations différentes : Celles d’une France maternelle empêtrée dans les troubles politiques et sociaux, celles du Benelux, une nation qui essayait d’émerger portée une espérance de renouveau au Nord historique de l’Europe, et celles de la très traditionnelle Suisse, qui avait conforté sa neutralité dans un monde d’Empires naissants.
Dans ce contexte, Werner avait obtenu son statut professionnel à Nancy, avant de filer à Metz, contacté par un Sylvain Kastendeuch insistant. Bien que rarement sélectionné en équipe de jeunes de France ou du Benelux (deux fois une seule sélection), il avait quand même obtenu le Graal grâce à une belle première saison au FC Metz, qui remontait pour la nième fois en première division, après les succès de la fin des années 20 et les déboires du tout début des années 30. Pour le centenaire du club à la Croix de Lorraine, Werner jouerait non seulement en Première Division, mais, avant, irait disputer l’Euro avec le Benelux.
Le discours d’une Présidente
Helène Schrub prend le microphone ; c’est elle qui présidera désormais le FC Metz, tout en restant dans les conseils d’administration de l’AS Nancy Lorraine et du RC Strasbourg Alsace. Trois des clubs de la première division, rivaux sportifs mais associés dans une nouvelle ère où les rivalités ne sont plus seulement sportives ou culturelles ; Schrub risquait les critiques de conflits d’intérêts et d’arrangements. Ce n’est pas pour rien que Sylvain Kastendeuch devenait Président-délégué, que Grégory Proment devenait Directeur Sportif, et que Mme Vaillant resterait au seul conseil d’administration du club lorrain. Les autres investisseurs normand (toujours Triskell), beneluxiens (amstellodamois et liégois), des représentants italiens et suisses n’étaient pas loin, et la présence d’Adel Olazabal pour les accords de prêt barcelonais marquaient la solennité du moment. Les frères Gilis pour Seraing, et même Laurent Platini, président de l’ASNL en devenir, complétaient le plateau.
Quant à lui, Francis Stevenborg, pressenti comme Entraineur Adjoint à Metz, était en train de se dire qu’il n’était pas prêt. Il choisirait finalement l’offre du RFC Mons, attiré par une espèce de destinée incontrôlable. Il fallait aussi s’émanciper, et ne pas bourlinguer trop près des père et frère commençait à devenir une nécessité pour le toujours jeune homme de 35 ans.
Au commencement…
Schrub regarda Kastendeuch, puis Proment, puis Mickey et son frère… tout le monde était paré. Et elle commença son discours par une expression biblique « Au commencement était le verbe… ». Le FC Metz allait initier une démarche de regrouper les clubs grenat pour imiter les mouvements anglo-saxons, et ne pas rester à la remorque des développements économiques et sportifs du siècle.
La caméra fit un zoom arrière et on découvrit en ligne les images de certains joueurs comme Joseph Nduqini et Cyprien B., toujours fidèles, Jean-Michel Moris, le premier renfort annoncé il y a quelques jours, Greg Nowak, encore un luxembourgeois, annoncé dans la foulée, et Laurentiu Stevanovic prêté par Servette pour une demi-saison.
Les frères et cousin Scarer étaient tous là, bien que Max n’eût pas de contrat en Lorraine, et était plutôt attendu à Dortmund, dans la nouvelle Alliance Hanséatique. Mais tout le monde était toléré.
Schrub discourait encore, exhortant à prolonger un football humain dans un monde très automatique, quand un murmure prit le dessus dans l’ambiance feutrée de Saint-symphorien, à l’apparition de Bérénice Julianne. C’est elle qui prendrait les rênes de la vice-présidence à la coordination de l’Alliance Grenat. Schrub passa la parole à Julianne, dont la voix feutrée et posée enveloppa la salle de presse de 200 places et rendit encore plus attentifs les journalistes français et étrangers. Margotton et Wakker étaient là, d’ores et déjà prêts à jaillir pour la séquence de questions-réponses.
La dirigeante messine, toujours PDG du Crédit Mutuel, reprit la parole. L’ère de « L’alliance des Clubs Grenat » ne serait vraiment lancée qu’avec un grand tournoi international, avec de multiples rapprochements, des discussions toujours en cours, et déjà un impact sur l’effectif messin. Mike et Werner avait bu les paroles du Docteur en psychologie sportive, et ils se plongeaient à nouveau dans les yeux profonds de « la Présidente », cette dame blonde qui avait changé la destinée du football lorrain, celui du Grand-Est, et un peu au-delà. Sous le charme, ils se voyaient bien rester encore quelques années, à moins que leurs agents…
La photo
Hélène Schrub voulait conclure pour passer aux questions des journalistes, elle eut un moment d’hésitation. Une pensée traversa son esprit. Elle fit maintenant monter Kastendeuch et Proment, des figures du football messin des années 80 et 90, des joueurs qui avaient pris le pouvoir… comme dans les orientations de l’époque de Platini à l’UEFA, pourtant si peu mises en pratiques. Et voilà donc cette photo de Schrub, Kastendeuch et Proment tout sourire, un trio grenat pour l’éternité. Celle des journalistes et des caméras. Helène avait réussi son coup, et éviterait peut-être les critiques.
La décision
Depuis son écran à Alexandrie, Michaela Zahia avait décidé de mettre fin à sa carrière d’arbitre. La spectatrice était devenue actrice. Elle estimait qu’un relais était passé.