Ecrit le 12.11.2023, à Alsting (France)
--
L’hymne américain avait retenti comme jamais dans le MetLife Stadium de New York, et Tom Fenwick, 22 ans et épuisé par les événements des dernières 24h, était soulagé de voir Julia, sa fiancée, près de son agent Will Still. Il se tenait raide et droit comme un clou, et pleurait d’incrédulité et de solennité dans cet antre qu’il avait vu Julia s’ouvrir à lui, un soir exceptionnel d’il y a quelques mois.
--
L’ouverture
C’était l’ouverture de la Coupe du Monde de football 2026, sponsorisée en première ligne par Coca-Cola Corp., qui avait mis le paquet. Les Etats-Unis affrontaient l’Angleterre dans un match inaugural sensationnel, et dans le cadre d’un groupe de haut niveau, avec le Japon et l’Afrique du Sud. Les hommes de Jack Loves avaient vu au fil des dernières années la pépite de Brooklyn éclore comme une star locale, l’attaquant marquant très souvent grâce à son accélération, sa vitesse de pointe, et une frappe sourde du pied droit quasiment imparable quand elle était cadrée.
De fait, les bookmakers hésitaient entre l’Angleterre et les Etats-Unis comme favoris de ce groupe B, alors que le Japon n’était pas loin, auteur d’un sans-faute dans les qualifications asiatiques, et que l’Afrique du Sud peinait à rejoindre l’équivalence de son excellence rugbystique. Tom, attaquant du Red Bull de New York, avait fini 2e meilleur buteur de la MLS en Novembre dernier, et était leader au classement d’une saison coupée en deux. De fait, il était convoité par les plus grands clubs, dont le Real de Madrid, Manchester United et les deux clubs de la capitale française : le Paris Saint-Germain, et le Paris FC.
La course
Mais la tête de Tom était encore toute retournée. Le rapt de Julia, la course pour avoir des informations, celle pour la retrouver, celle pour solliciter sa tumultueuse famille, et cette terrible attente, avaient fait des dernières heures un calvaire épuisant. Tom avait d’abord demandé à Jack de ne pas jouer, mais le coach anglais l’avait convaincu. « Ne fait pas comme Cruyff en 1978 ».
Au coup d’envoi, Jude Bellingham envoya directement sur Sterling qui ouvrit le score. Vingt-sept secondes seulement et déjà 0-1. Encore une épreuve pour Tom, marqué de près par John Stones. La première mi-temps fut disputée, et les anglais étaient redoutables et presqu’aussi déterminés que les américains. Si Tom était soulagé moralement, ses muscles étaient quelque peu tétanisés ; sa terrible journée, et l’enjeu aussi. Au fur et à mesure des minutes qui passent, il se dit qu’il ne tiendra pas tout le match.
Le gamin de Brooklyn
Mais l’adrénaline aidant, il profita d’un trou de souris à la 44e pour s’infiltrer entre Stones et Maguire, qui commit l’irréparable en crochetant Fenwick. Penalty. Les coéquipiers rouge et blanc hurlèrent de joie, et le stade rugit de plaisir – sous la pression libérée. Et maintenant, il fallait transformer. Tom Fenwick pris le ballon, et le gamin de Brooklyn trompa Pickford. 1-1, tout était relancé.
Tom sortit à la mi-temps au profit de Brandon Vazquez. Ce dernier donna le 2-1 pour Team USA, qui se fit rejoindre un peu plus tard sur un coup franc de Bellingham. C’est donc sur un match nul 2-2 de très bonne facture que c’était lancée cette 23e Coupe du Monde de la FIFA.
Cinq buts en deux matchs
Dans ce groupe B, le Japon terrassa l’Afrique du Sud, et le match du Rose Bowl de Pasadena, près de Los Angeles, s’avéra déjà décisif pour les Américains. Tom Fenwick était sur le banc pour commencer, mais entra à la 55e alors que son équipe était menée 0-1, sur un but de Tsunemoto servi par Goku. Tom inscrivit alors un triplé historique, une première pour un joueur yankee en Coupe du Monde depuis 1930, et donna une grande bouffée d’espoir de qualification à son équipe nationale.
Dans le troisième match au Cotton Bowl de Dallas, Tom commença la partie avec une équipe hybride, où son ami et coéquipier John Tolkin fit une apparition, et dans lequel Cristian Roldan, désormais pensionnaire de l’AS Roma, avait rapidement ouvert le score pour les Etats-Unis. Finalement menés 2-0 avant la mi-temps, les Sud-Africains s’effondrèrent en deuxième mi-temps, sur un doublé de Tom Fenwick, bien sûr. 4-0, 6 buts déjà inscrits pour lui, et la tête du groupe de surcroît pour son équipe, que demander de mieux pour Tom Fenwick ?
Le rêve
Le soir, dans sa chambre d’hôtel entre Dallas et Fort Worth, Tom ne lâchait plus son téléphone mobile. A l’autre bout du fil, c’était Julia bien sûr, sa chanteuse new-yorkaise préférée, son ami, sa confidente, celle qui était devenue sa fiancée. Il la retrouverait demain pour le jour de pause octroyé aux familles, mais il était si soulagé que, finalement, le rendez-vous tant attendu, était déjà synonyme de réussite.
Cette nuit-là, il rêva d’elle, puis d’un monstre alien qui grogna dans une langue étrangère et qui le filait dans un labyrinthe interminable. Dans la troisième partie de son rêve, c’est Johan Cruyff qui le serra dans ses bras.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire