Ecrit à Alsting le 5 août 2024
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Prologue
Nils Aigenbauer, originaire de Stuttgart dans le Baden-Würtemberg, avait joué au football toute sa vie. Il avait la particularité de s’être mis en sus à l’athlétisme dès le lycée. Il avait fréquenté le lycée franco-allemand de Fribourg, où l’athlétisme était, d’une part, bien mis en valeur, et, en plus, supporté par une exigence hors pair, sous la houlette de Pascal Behrenbruch, directeur sportif du lycée, en ancien décathlonien célèbre.
Une situation hors du commun
Qualifié pour les JO de Brisbane, Nils termina à la 7e place du classement au terme des 10 épreuves. Les chinois Lin et Zhang étaient imprenables, le Russe Ichlakov avait pris le bronze, alors que les européens étaient loin. Sauf Aigenbauer, et dans une moindre mesure le Norvégien Burundi. À seulement 24 ans, Nils avait grandement apprécié son aventure olympique, et les médias germanophones en avait fait une nouvelle star. Il avait annoncé qu’il continuerait l’entraînement sans renoncer à sa carrière de footballeur, puisqu’il était professionnel en 2. Bundesliga depuis 3 saisons. Devenu pro avec le SC Freiburg, il jouait désormais pour le VfB Stuttgart. Depuis 3 saisons, le club ne parvenait pas à remonter en 1. Bundesliga, devenu désormais le meilleur championnat d’Europe, en rivalité avec la Premier League, et devant le championnat espagnol.
L’exigence du décathlon déplaisait par principe aux dirigeants du club stuttgartois, mais elle conférait et entretenait chez le joueur des qualités inégalées de puissance, de résistance, de souplesse, qui, combinées avec sa frappe du droit forte et précise, en faisait un milieu de terrain polyvalent solide d’1m98 et 92 kg. Adepte de l'harmonium et de poésie, Nils avait joué demi-défensif et en défense centrale, à Stuttgart il était plutôt devenu un « supersub » pour tous les postes du milieu de terrain. Au début de cette nouvelle saison, qu’il débutait avec une préparation tardive en raison de Jeux, sa rentrée en cours de rencontre face à Schalke 04 dans le 2e match de la saison fut fortement remarquée, grâce à un but de 60m marqué depuis l’aile droite, sur une reprise de volée très spectaculaire, qui a lobé le gardien Lehmann.
Dès lors, la rencontre de Coupe qui suivait contre le Bayern, excusez du peu, s’annonçait sous de bons augures. En effet, Aigenbauer fut aligné d’entrée pour la première fois de la saison et participa activement à l’exploit de l’élimination des champions recordmen de la Bundesliga, 38 fois. Le match se termina à Stuttgart par une victoire 2-1, avec deux passes décisives d’Aigenbauer, et un tir fulgurant sur la transversale au début de la deuxième mi-temps. Nils avait été remplacé à la 79e, mais était fier comme Artaban.
Une belle carrière au FC Kaiserslautern
La semaine suivante, Nils ne pourrait toutefois pas participer au match de championnat contre le SV Elversberg, puisqu’il avait un meeting d’athlétisme à Zurich.
Au gré de cette saison, Nils apparu 23 fois en championnat, dont seulement 8 fois d’entrée de jeu. Il marqua deux buts de la tête, et fut l’auteur de 7 passes décisives. Il avait figuré à 6 postes différents. Ce rythme ne lui convint plus, et à l’issue de la saison, il annonça qu’il renonçait au Décathlon pour deux saisons - pour se consacrer au football qui lui rapportait le quadruple de revenus, dans un championnat allemand très prisé. Stuttgart n’était toujours pas parvenu à remonter dans l’élite, mais s’était hissé jusqu’en demi-finale de la Coupe d’Allemagne contre Leverkusen, avec une réduction du score de notre héros encore un peu décathlonien.
Prêté au 1. FC Kaiserslautern pour 6 mois dans sa nouvelle saison, Nils Aigenbauer convint assez rapidement, et y fut définitivement transféré à Noël. Dès lors, sa carrière footballistique explosa, avec une montée en 1. Bundesliga, et une première sélection avec la Mannschaft à 26 ans, dans un cas unique de sportif multicarte.
Deux saisons plus tard, toujours sous contrat avec Kaiserslautern, et auteur d’un parcours remarquable en Coupe d’Europe, Nils annonça reprendre l’entraînement du Décathlon malgré une blessure persistante à la cheville droite. De fait, son vieil entraineur Horst Heldt se convainc de n’aligner Nils que pour les matchs de Coupe d’Allemagne et d’Europe, ce que Nils accepta en vue de la préparation des Jeux Olympiques de Moscou.
Epilogue
Après un premier tour contre le Stade Nyonnais de Michal Boniek, Nils se fracturera le tibia dans le tournoi du Léman en août 2034 contre l’Olympique Lyonnais. Un tacle assez mal contrôlé par Faustino de Brumer fut en cause. Ceci mit fin à sa carrière de… footballeur, afin, selon lui. qu’il puisse se consacrer de plus en plus à la préparation physique. Entre-temps, sa médaille de bronze olympique, comme seul européen dans les 12 premiers des Jeux de Moscou, Nils envisageait une carrière de coach dans l’athlétisme.
En 2036, toujours motivé par des revenus inégalables, Nils revint dans le football en tant que préparateur physique, d’abord du SC Freiburg, puis du Hertha Berlin, et enfin de Chelsea, désormais Champion du Monde des clubs, où il côtoya Bérénice Julianne et prit pour épouse Nadia Elenescova, gardienne de l’équipe féminine.
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