31 décembre 2024
30. Le dernier des Mohicans
30 décembre 2024
29. Football Manager 2035
Écrit aux bains de Saillon, le 25 août 2024.
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Bains de Saillon, 25 novembre 2034
M vient de prendre sa chambre dans le 2e plus grand centre de remise en forme d’Europe, dont les installations se sont considérablement développées depuis quelques années ; les régimes politiques instables autour de la Suisse ayant contribué à la tendance. M revient 10 ans après sa première visite, mais aussi pour la 2e fois de l’année. La modernité du site est sans égale en Europe occidentale, et M apprécie à la fois le confort, les services de remise en forme, et le décor incomparable du Valais.
Après le bureau et la route, M décide de prendre un bon bain en chambre, avant d’aller déjeuner puis de pratiquer natation du soir, et recevoir des massages pratiqués par les meilleurs automates robotisés en la matière. C’est une des nouveautés de l’an dernier.
M fait couler son bain depuis l’interface en positionnant quelques curseurs, et fait apparaître les dernières nouvelles sur l’écran de 65 pouces de la chambre. Il installe ses affaires, puis décide de basculer sur une musique de relaxation, après avoir répondu à 2 questions simples, sachant que son profil est connu de longue date. Une mélodie douce de sifflements combinée à des bruitages naturels d’eau et d’oiseaux se met en route. Progressivement, on se croirait dans un décor de nature du grand ouest, il est vrai qu’M aime les westerns.
M demande à son réfrigérateur intelligent un Orangina sans glace et allongé. En moins de 2 minutes, la boisson est prête, et livrée en salle de bains.
La baignoire
M est prêt à entrer dans son bain, et pense immédiatement à baisser la musique d’un cran sur l’interface de l’écran de 42 pouces qui fait face à la baignoire. Il demande le chargement de la dernière édition de Football manager depuis l’interface Steam. En quelques secondes, sa partie sauvegardée depuis son automobile Alpine E-GT est chargée, en tant que Manager principal du club anglais de Dagenham and Redbridge. L’eau est à bonne température et la rasade d’Orangina est parfaitement délicieuse selon ses papilles. M peut désormais se détendre dans son bain. Bientôt, il annonce « accepter », ce qui, sur l’écran, a pour conséquence d’accepter la signature du contrat du Directeur Sportif du club, c’est à dire Johan Djourou. Un atout quand on sait les liens installés entre Dag & Red, Arsenal et Servette FC, pour renforcer l’équipe de l’Est londonien.
La partie de Football Manager
La partie de M avait déjà plus de 6 heures d’exécution, et la dernière heure en voiture avait été consacrée à des aménagements du stade, définir le nouveau maillot, engager un préparateur physique pour l’équipe U23, et un 2e recruteur pour l’équipe première. Une recruteuse, en fait, en la personne de Tamara Nemeth, la hongroise, qui valait de bons points marketing dans les médias anglais. Et ça avait son importance. Engager cette partie en 4e division anglaise avec la bénédiction du président fraîchement nommé Gianni Infantino augurait de profonds investissements. La prolongation immédiate du contrat de l’attaquant Israel Windoek avait d’ailleurs été une priorité pour M.
M demanda au passage à l’interface de lui trouver un clip vidéo plus récent d’Israel Windoek, ce que le moteur du jeu délégua au système d’exploitation intelligent d’Apple qui faisait tourner l’écran. En quelques instants, seize séquences vidéo différentes furent proposées. Plusieurs d’entre elles avaient été générées automatiquement à partir de documents récents. Peu importe, M voulait voir et apprécier la coupe mulet et la teinte de cheveux façon Jayce qu’arborait le joueur namibien ces derniers mois. Il fut contenté par la quatrième proposition qui montrait un attaquant solide et sérieux. « Installer » eut pour conséquence de remplacer l’ancien clip vidéo mis par défaut.
« Suivant » murmurait M, en se disant qu’il ferait mieux d’utiliser la palette étanche type souris implantée sur le bord de la baignoire. L’extension sortit d’elle-même, et immédiatement les commandes devinrent plus naturelles. Il remonta d’ailleurs le volume de la musique de fond. Après une nouvelle rasade d’Orangina, il fronça les sourcils en constatant que le gardien luxembourgeois Jan-Horst Merzig s’était fracturé la jambe. Certes, il y avait un autre bon gardien expérimenté, mais Merzig était quand même le grand espoir, allié à son avatar d’entraîneur Mickey Stevenborg, le suédois luxembourgeois à la tête de Dag & Red dans cette partie.
Un dernier Orangina ?
L’IA du jeu proposa via l’adjoint assigné à Stevenborg de recruter pour 6 mois un ancien gardien formé au club, qui servirait aussi les exigences de la New Geneva Cup - où au moins 8 joueurs sur 25 de ce tournoi de fin d’été en 5 tours doivent être formés au club. Voyons les caractéristiques de Tarek Najia. « Hum », « ignorer », pendant un instant, M reprend le contrôle en mode vocal. À la dernière gorgée d’Orangina, l’interface lui propose un deuxième verre. M clique sur « Non, merci », et consulte ensuite son effectif de gardiens. Il s’interroge à haute voix : « Avons-nous une alternative à ce gardien ? ». FM35 lui répond « voulez-vous un gardien formé au club ? ». M clique sur « oui ». L’écran de recherche se met à jour, non sans indiquer que l’intendant du club propose lui-même une alternative. M comparera les profils.
Sur l’écran une nouvelle question apparaît : « voulez-vous regarder le match d’e-Football en direct entre Shanghai SIPG et Manchester United ? ». Le match commençait dans 15 minutes, mais M était bien trop absorbé par sa partie de FM, et son agenda de remise en forme qui prendrait le relais dans l’heure qui suit. Il voulait d’ailleurs voir son équipe à l’œuvre contre Notts County dans le prochain match de préparation avant la New Geneva Cup. Peut-être l’occasion de remplir les plus de 7000 places de Victoria Road. « Jouer à Wembley attendrait encore » indiquait d’ailleurs un commentaire plein d’humour venant des réseaux sociaux. Sans doute un robot de Sport Interactive, mais peu importait. C’était dans l’esprit intelligent de la partie.
27 décembre 2024
28. Le discours d’une présidente
Ecrit les 25 et 26/12/2024 à Alsting
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Werner
Mike Scarer et son cousin Werner Scarer jouaient au FC Metz. Si Mike avait choisi un passeport français, Werner avait opté pour la version bénéluxienne. Selon lui, on ne pouvait pas rester insensible à l’appel de l’Union ni aux exploits de Henry Stevenborg aux JO de 2032, avec cette formation du lion dans son chant du cygne qui avait décroché une extraordinaire médaille d’argent. La première médaille d’argent depuis les Jeux d’Albertville, 40 ans plus tôt.
Bref, Mike, Werner et aussi Max, défendaient les couleurs de 3 nations différentes : Celles d’une France maternelle empêtrée dans les troubles politiques et sociaux, celles du Benelux, une nation qui essayait d’émerger portée une espérance de renouveau au Nord historique de l’Europe, et celles de la très traditionnelle Suisse, qui avait conforté sa neutralité dans un monde d’Empires naissants.
Dans ce contexte, Werner avait obtenu son statut professionnel à Nancy, avant de filer à Metz, contacté par un Sylvain Kastendeuch insistant. Bien que rarement sélectionné en équipe de jeunes de France ou du Benelux (deux fois une seule sélection), il avait quand même obtenu le Graal grâce à une belle première saison au FC Metz, qui remontait pour la nième fois en première division, après les succès de la fin des années 20 et les déboires du tout début des années 30. Pour le centenaire du club à la Croix de Lorraine, Werner jouerait non seulement en Première Division, mais, avant, irait disputer l’Euro avec le Benelux.
Le discours d’une Présidente
Helène Schrub prend le microphone ; c’est elle qui présidera désormais le FC Metz, tout en restant dans les conseils d’administration de l’AS Nancy Lorraine et du RC Strasbourg Alsace. Trois des clubs de la première division, rivaux sportifs mais associés dans une nouvelle ère où les rivalités ne sont plus seulement sportives ou culturelles ; Schrub risquait les critiques de conflits d’intérêts et d’arrangements. Ce n’est pas pour rien que Sylvain Kastendeuch devenait Président-délégué, que Grégory Proment devenait Directeur Sportif, et que Mme Vaillant resterait au seul conseil d’administration du club lorrain. Les autres investisseurs normand (toujours Triskell), beneluxiens (amstellodamois et liégois), des représentants italiens et suisses n’étaient pas loin, et la présence d’Adel Olazabal pour les accords de prêt barcelonais marquaient la solennité du moment. Les frères Gilis pour Seraing, et même Laurent Platini, président de l’ASNL en devenir, complétaient le plateau.
Quant à lui, Francis Stevenborg, pressenti comme Entraineur Adjoint à Metz, était en train de se dire qu’il n’était pas prêt. Il choisirait finalement l’offre du RFC Mons, attiré par une espèce de destinée incontrôlable. Il fallait aussi s’émanciper, et ne pas bourlinguer trop près des père et frère commençait à devenir une nécessité pour le toujours jeune homme de 35 ans.
Au commencement…
Schrub regarda Kastendeuch, puis Proment, puis Mickey et son frère… tout le monde était paré. Et elle commença son discours par une expression biblique « Au commencement était le verbe… ». Le FC Metz allait initier une démarche de regrouper les clubs grenat pour imiter les mouvements anglo-saxons, et ne pas rester à la remorque des développements économiques et sportifs du siècle.
La caméra fit un zoom arrière et on découvrit en ligne les images de certains joueurs comme Joseph Nduqini et Cyprien B., toujours fidèles, Jean-Michel Moris, le premier renfort annoncé il y a quelques jours, Greg Nowak, encore un luxembourgeois, annoncé dans la foulée, et Laurentiu Stevanovic prêté par Servette pour une demi-saison.
Les frères et cousin Scarer étaient tous là, bien que Max n’eût pas de contrat en Lorraine, et était plutôt attendu à Dortmund, dans la nouvelle Alliance Hanséatique. Mais tout le monde était toléré.
Schrub discourait encore, exhortant à prolonger un football humain dans un monde très automatique, quand un murmure prit le dessus dans l’ambiance feutrée de Saint-symphorien, à l’apparition de Bérénice Julianne. C’est elle qui prendrait les rênes de la vice-présidence à la coordination de l’Alliance Grenat. Schrub passa la parole à Julianne, dont la voix feutrée et posée enveloppa la salle de presse de 200 places et rendit encore plus attentifs les journalistes français et étrangers. Margotton et Wakker étaient là, d’ores et déjà prêts à jaillir pour la séquence de questions-réponses.
La dirigeante messine, toujours PDG du Crédit Mutuel, reprit la parole. L’ère de « L’alliance des Clubs Grenat » ne serait vraiment lancée qu’avec un grand tournoi international, avec de multiples rapprochements, des discussions toujours en cours, et déjà un impact sur l’effectif messin. Mike et Werner avait bu les paroles du Docteur en psychologie sportive, et ils se plongeaient à nouveau dans les yeux profonds de « la Présidente », cette dame blonde qui avait changé la destinée du football lorrain, celui du Grand-Est, et un peu au-delà. Sous le charme, ils se voyaient bien rester encore quelques années, à moins que leurs agents…
La photo
Hélène Schrub voulait conclure pour passer aux questions des journalistes, elle eut un moment d’hésitation. Une pensée traversa son esprit. Elle fit maintenant monter Kastendeuch et Proment, des figures du football messin des années 80 et 90, des joueurs qui avaient pris le pouvoir… comme dans les orientations de l’époque de Platini à l’UEFA, pourtant si peu mises en pratiques. Et voilà donc cette photo de Schrub, Kastendeuch et Proment tout sourire, un trio grenat pour l’éternité. Celle des journalistes et des caméras. Helène avait réussi son coup, et éviterait peut-être les critiques.
La décision
Depuis son écran à Alexandrie, Michaela Zahia avait décidé de mettre fin à sa carrière d’arbitre. La spectatrice était devenue actrice. Elle estimait qu’un relais était passé.
26 décembre 2024
27. La dernière arbitre
Texte écrit le 2 Novembre 2024 à Ferney-Voltaire
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L’IA
Bien du chemin a été parcouru depuis Deep Blue. On en est à Zahia 3.14.15 dans les matchs de football internationaux. Par un hasard incroyable, l’IA arbitrale de ce match porte le même nom que l’arbitre de cette rencontre de la zone Grande Afrique. Cette arbitre de nationalités israélienne et égyptienne de ce match de football très particulier porte le patronyme de Zahia, elle aussi. Michaela Zahia, une ancienne mannequin de 37 ans.
Le coup de grâce
Des années ont passé depuis les premiers essais, depuis Mors Brentaniello, depuis que la zone Grande Asie a supprimé les arbitres. Toute la planète avait suivi, avec l’UEFA et la zone Grande Afrique qui avaient trainé des pieds. Mais voilà, on y arrive.
Michaela Arabella Zahia et son mètre 98, ses cheveux noirs très longs, son regard froid, tout était réuni pour impressionner. Elle n’aimait pas être déjugée par l’IA arbitrale et ses probabilités. Mais voilà, il fallait bien y arriver. Et devant 120 000 spectateurs en furie dans le stade Mouammar Kadhafi de Tripoli, Zahia et Zahia donneraient le coup de grâce à l’arbitrage humain dans le football professionnel.
L’avenir
Michaela savait qu’elle trouverait une place à l’abri des émeutes dans les tours d’ivoire de la fédération internationale à Zurich ou à Shanghai. Elle était célèbre et impressionnante, ce qui n’avait pas manqué de lui réserver une carrière prometteuse, pour les institutions footballistiques. Mais, il était à parier que le terrain lui manquerait. L’adrénaline de la confrontation physique, entre complicité, jauge et affrontement, avec des épreuves de force de plus en plus difficiles, parfois.
Michaela
Elle entra sur le terrain avec sa tenue blanche et écarlate, majestueuse, comme l’avait voulu la fédération. Elle serra les mains des capitaines, Al Rachid Zebayev (Entente Sportive Impériale de Sétif) et Bongo Chan (Rivers United). Les deux empires africains, tout de Vert vêtu d’un côté, et Jaune et Noir de l’autre, allait lancer toutes leurs forces dans la bataille de cette finale. Michaela aura du travail. Beaucoup de travail. Mais Zahia serait là aussi, et il serait facile de lever les fines épaules de l’ex-mannequin pour signifier que la décision viendrait d’ailleurs, et elle s’imposerait à tous.
Michaela sera bien bousculée deux fois dans la rencontre, faisant intervenir les robots policiers. Deux footballeurs seront expulsés. La routine. Et le public dans sa cage aura lâcher sa furie, avec des centaines d’arrestations. Ce monde-là n’était plus celui que Michaela avait idéalisé. Il était donc temps de raccrocher.
24 décembre 2024
26. Le maître du football romantique
Ecrit à Alsting le 14 septembre 2024.
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Hommage
Ça fait 3 jours que le maître français du football romantique s’est éteint, à l’âge de seulement 66 ans. Didier Roustan était un commentateur français et historique du football, un journaliste passionné, un amateur éternel du jeu et des hommes.
Ils aimaient les joueurs écorchés vifs, les révoltés pour ne pas dire les révolutionnaires, et son action auprès des joueurs, sa passion de certains, l’ont démontré au fur et à mesure des années. Anti-football business, celui qui a traversé les décennies 80, 90, 2000 et 2010, n’a cessé de prôner l’humain, du « beau geste technique » à « la place du joueur dans la société », en passant par « la patte tactique et humaine » d’un entraineur. Et il s’est intéressé au peuple, celui des tribunes, celui des quartiers populaires, pour lesquels le football est la vie.
Il est parti rejoindre Thierry Rolland et Eugène Saccomano, qui, dans des styles différents, nous ont fait vibrer dans notre jeunesse, parce qu’alors le récit, le reportage, la sensibilité avaient plus de place, et peut-être de valeurs, que l’instant présent des matchs en directs du football business. Il est aussi allé rejoindre ses amis Maradona, Pelé, Beckenbauer, et quelques autres – qui eux aussi nous ont quitté récemment.
Pour nous, Didier Roustan restera l’homme des reportages des alors inaccessibles footballs italien et sud-américain, puis, plus tard, celui de la passion palabrée sur L’Equipe TV, en tant que "Président à vie".
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Sur les traces de Stevenborg
Imaginons que Didier se lance dans un reportage dans le club de Dagenham & Redbridge, repris l’an dernier par Gianni Infantino, après son exil. Et où Mickey Stevenborg, épaulé par son frère Francis, ou encore John Terry, Bodo Merzig, Julien François, Eric Pédat, Tamara Nemeth et quelques autres, a remonté l’équipe en League 2, la quatrième division anglaise, après une belle épopée.
L’interview
Didier Roustan : « Bonjour Mickey, encore un jour de pluie en banlieue est de Londres. Qu’est-ce qui vous a attiré ici, vous le luxembourgo-suédois ? »
Mickey Stevenborg : « Bonjour Didier, je suis très honoré, vous êtes un célèbre journaliste français. C’est une longue histoire. C’est surtout Christoffer Eriksson qui m’a contacté avec un dossier de reprise de club, sans me parler d’abord de Gianni (Infantino). Puis de fil en aiguille, j’ai compris qu’il s’agissait non seulement d’un beau défi humain et sportif, mais aussi d’une grosse organisation qui se mettait en place derrière l’ex-président de la FIFA ».
DR : « Et le côté sulfureux d’Infantino ne vous a alors pas freiné ? »
MS : « S’il y a eu des doutes au début, le professionnalisme et la passion de l’homme m’ont immédiatement séduit. Ça a même été une révélation. Le suisso-italien a aussi d’énorme qualité de conviction, voire de séduction… » termina-t-il en souriant.
Les deux hommes se tenait au milieu de la pelouse de Victoria Road, et poursuivait le dialogue autour des talents, des exploits et des sentiments, approche un peu inhabituelle pour l’entraineur, mais tout à fait naturelle pour l’intervieweur.
Didier et Mickey allèrent encore dans un pub de supporters au coin de la rue, où une réplique du Trophée FA remportée l’an dernier, trônait sur une banquette, et qui évoqua immédiatement des souvenirs émus à Mickey. Cette victoire avait été obtenue en même temps que l’accessit de National League en League Two, via les barrages. Les habitués, une pinte à la main, n’hésitaient pas à glorifier Mickey et, bien entendu, à refaire les matchs d’antan.
La rencontre
Dans ces quartiers, on sentait bien le football local, la passion des suiveurs, et l’esprit d’appartenance des jeunes – et le reportage de Didier Roustan le montrait, toujours sous un crachin local, mais qui rendait les témoignages encore plus naturels.
Près de l’impressionnant centre de formation, Didier finit par trouver dans un étonnant vestiaire vieillot Dündar Fünf, la plus récente recrûe arrivée au club. La complicité est immédiate, la rencontre des caractères fait mouche. Les discussions s’éternisent, et le reportage s’étire.
Avant de partir, c’est Gianni Infantino, président et co-propriétaire du club de Dag & Red, qui vient saluer la rock star, habillée tout de cuir. On parle bien de Didier Roustan, à la fois discret et incontournable dans la banlieue de cette grande ville de football. Les deux hommes évoquent l’agrandissement du stade, le partenariat récent avec Fulham, les futures alliances possibles, les principaux sponsors Sky Bet et Gazprom, les renforts en cours dans le staff avec un analyste du la performance et un analyste du recrutement, et finissent par se serrer la main, puis s’embrasser.
Didier Roustan quitte ensuite la banlieue londonienne, non sans envoyer des messages de remerciements à Mickey et à Dündar, puis encore un autre à Gianni depuis Gatwick. Ici, dans les terres où il est né, Didier avait senti le football qu'il aimait et les passions qui l'attiraient.
22 décembre 2024
25. L'étonnante saison de Michael Prodige
Ecrit le 24.11.2023 à Ferney-Voltaire.
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Un drôle d'oiseau
Mikael Norbert Noël Falk-Shapovalov était un drôle d’oiseau comme footballeur. Pour commencer, il était né un vendredi 13 de 2003, et disposait de quatre nationalités, grâce à quatre grands-parents d’origines différentes. Avec un père danois, mais aussi belge, et une mère canadienne, mais aussi grecque, ce garçon plutôt enjoué avait une culture internationale tout à fait remarquable. Quand, à 16 ans, ses parents déménagèrent pour affaires en principauté de Monaco, le garçon d’1m88 passionné de football atterrit naturellement à l’AS Monaco.
Ce voyageur invétéré restera pourtant 8 saisons consécutives en Principauté, et y joua à 19 ans son premier match professionnel. La suite sur le rocher fut plus difficile, et Mikael eut d’abord bien du mal à se faire une place dans une équipe relevée. Avec l’entraineur Adi Hütter notamment, il ne figura que 7 fois en championnat sur deux saisons, et ne compensa à peine qu’avec 5 matchs de coupe et 4 apparitions en amical. Aligné quelques fois en réserve, Falk-Shapovalov songeait alors à quitter le Rocher.
Le rocher
A partir de 2025, les choses vont progressivement changer. L’arrivée de Djibril Sidibé comme entraineur eut un effet de déclic. L'adjoint Bodo Merzig le prenant sous son aile, le quadri-national fut aligné assez régulièrement dans l’entrejeu, soit dans l’axe, parfois sur le côté droit. Son manque de vitesse le ramènera régulièrement dans l’axe où sa technique moyenne et son bon coup de patte permettait d’alimenter raisonnablement l’attaque monégasque, en championnat comme en Coupe d’Europe. Malheureusement, une blessure grave au pied droit lors d’une descente de bus complétement gaguesque, l’écartera encore quelques mois des terrains. Et jusque-là, le grand public n’avait pas encore remarqué l’étrange Monsieur Falk-Shapovalov.
Sélectionné en jeune en équipe du Danemark, Mikael finira par choisir la sélection canadienne, légèrement plus accessible à cette époque. Il commencera à cumuler les rendez-vous internationaux à partir de 2026, lors de son retour de blessure gagnant. Il disputera la Coupe du Monde 2026 en partie joué dans son pays, avec, comme point d’orgue, un Canada – USA qu’il marquerait de sa patte. Et les choses vont s’accélérer pour lui en Principauté pour sa dernière saison en Rouge et Blanc.
L'étonnante saison
Lors de cette fameuse saison 2026-2027, Mikael Falk-Shapovalov, 23 ans, vivra une série d’événements exceptionnels absolument historiques. Il rentra en jeu lors de la première journée et écopa d’un carton jaune au bout de 7 secondes. Le record de la saison. Les choses étaient déjà drôlement parties pour lui, qui souhaitait se stabiliser en milieu de terrain relayeur, « box-to-box » comme on disait communément. Sidibé ne le considérant pas comme un titulaire absolu, Mikael devait se battre à l’entrainement, et sa combativité finit par avoir pour conséquence un coéquipier à l’épaule déboitée avant le premier match de Coupe d’Europe de la saison contre Moenchengladbach.
Sidibé, contrarié, le mit sur le banc, mais Mikael entra à la 63e minute - une suggestion de Bodo Merzig, encore une fois. A la 65e minute, il avait mis un but contre son camp, puis à la 81e il avait égalisé – ce que le public français lui avait crédité comme une distinction remarquable dans un match moyen par ailleurs. Intrigué, Sidibé finit par l’aligner dans le match de championnat suivant contre Troyes. Celui-ci se termina par 5-3 pour les monégasques, avec… 5 buts de Falk-Shapovalov. Et c’est à l’issue de cette rencontre que l’équipe titra « Michael Prodige », avec une faute dans son prénom adjoint d’un nom d’emprunt plutôt élogieux.
Il fut également un des acteurs d’une scène inoubliable dans un match de championnat contre Le Havre, alors qu’il avait parfaitement placé un coup-franc qui fut finalement détourné par… un chien sorti de la foule qui avait sauté de derrière les buts pour s’emparer du ballon. Scène tragi-comique pour les supporters de son club et les spectateurs d’une rencontre pluvieuse et insolite.
Quelques semaines plus tard, alors qu’il figurait la plupart du temps dès l’entame de match, il marqua en Coupe de France un coup-franc de 48 mètres contre Louhans-Cuiseaux. Grégoire Margotton en avait fait le but vedette de la séance de Téléfoot, et l’inscrivit même dans le dernier générique de l’émission. Et cette folle saison n’était pas finie. Quelques semaines plus tard, Monaco rencontra le Paris Saint-Germain en Quart de Finale de Coupe de France. Et qui marqua le but de la victoire en Prolongation sous un tonnerre d’applaudissements ? « Michael Prodige » bien sûr.
Auteur d’un corner direct contre Auxerre, l’ami « Prodige » se vit expulser pour avoir enlevé son maillot, alors qu’il avait déjà écopé d’un carton jaune. Et son équipe perdit le match lamentablement, alors qu’une victoire l’aurait ramené dans le trio de tête en championnat. Mais Sidibé ne pouvait plus faire abstraction de l’intérêt médiatique que présentait désormais le joueur, tout autant convoité. Merzig en avocat de la défense, Falk-Shapovalov aurait des jours meilleurs.
Un tir au but légendaire
C’est le vendredi 13 février 2027 qu’il joua finalement son plus beau coup. Dans le match retour de Ligue Europa Conférence contre les Turcs de Fenerbahce, Mikael qui était rentré en cours de deuxième mi-temps, égalisa, doubla la mise et envoya les deux équipes en prolongations, alors même qu’il venait de dégager de toute ses forces un ballon qui termina dans les bras du Prince Albert. Le Stade Louis II était en fusion.
Ce sont les tirs aux buts qui départageront les deux équipes. Et à ce petit jeu, Mikael était volontaire, mais Sidibé lui préféra 5 autres tireurs. Une fois la série des cinq premiers tireurs passée, on était toujours à égalité. Autant dire que la soirée hivernale était tendue sur la Côte d’Azur autour de cette rencontre de football endiablé. Mikael se proposa sous les attentions des caméras de télévision, mais rien n’y fit. Ce fut le gardien vétéran suisse Köhn qui eut le droit de tirer, et il rata alors que son homologue turc avait écrasé son tir sur la barre. Cette fois, poussé par Bodo Merzig, Mikael aurait sa chance et le public y crut, puisque le défenseur turc qui ouvrait la série avait alors tiré au-dessus des buts de Köhn.
Et là, le coup de pied de Mikael fut à nouveau mythique. Il frappa très fort une balle qui toucha le poteau droit sous la transversale, puis le poteau gauche à mi-hauteur après avoir été déviée par la tête du gardien, Boussad Benamour. La scène d’une seconde et demie à peine était déjà remarquable, mais la balle roula encore le long de la ligne avant de toucher légèrement le poteau droit, à nouveau, comme une balle de golf. Et le sort choisit qu’elle franchisse alors ligne dans un quasi-silence sidéré, où Louis II finit tout de même par exploser de joie.
Encore des gags
Monaco était qualifié et finirait même la saison plutôt bien avec une finale de Coupe de France et une Demi-finale de Coupe d’Europe. Même s’il parvient à envoyer un autre ballon en tribune dans les bras de la Présidente de la République lors de cette finale, la saison de « Michael Prodige » redevint quelque peu quelconque. Exception peut-être lorsque ce Gaston Lagaffe envoya encore à l’hôpital un grand père en tribune qui avait pris en pleine tête un de ses boulets de canon. C’était alors le 1er avril.
Falk-Shapovalov rejoignit alors Stuttgart, puis Odense en prêt. Il fit une carrière de nouveau moyenne à Anderlecht, où on avait placé un peu trop d’espoirs en lui, puis à Vancouver où il finit sa carrière dans l’anonymat, en n’ayant finalement accumulé que 17 sélections avec le Canada.
21 décembre 2024
24. Le ballon d’Or 2026 (2e partie)
Ecrit les 20 et 21 décembre 2024 à Alsting
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Les aventures de Tom Fenwick continuent à la Coupe du Monde 2026, se jouant notamment aux Etats-Unis et au Canada, alors qu’en même temps : Les séparatistes californiens menaient des exactions répétées dans les villes accueillant la Coupe du Monde nord-américaine. Qu’en même temps : Le sort de Taïwan se discutait en coulisse d’une réunion du G20 où les Occidentaux affaiblis, cédaient sous couvert de scrutin démocratique anticipé. Qu’en même temps : L’Autriche et la Hongrie opéraient un rapprochement politique inattendu encore quelques mois auparavant.
Le seizième de finale
Jack Loves venait de faire une crise cardiaque, et se reposait dans l’hôpital central du Michigan où ouvrait sa femme. Alexi Lalas, sélectionneur adjoint, devait prendre le relais pour le reste de la compétition. Eliminer la Tunisie en seizième de finale aurait dû être une formalité pour les USA, mais ils avaient dû passer par la prolongation. Boussad Benamour, le gardien tunisien du Hertha Berlin, était en état de grâce. Il arrêta 27 tirs, presque tous cadrés, et sa détente de chat avait grandement impressionnée, y compris sa défense. C’est un but inespéré de Tom Fenwick, à l’issue du cafouillage exceptionnel, qui délivra finalement les Américains, alors que la tension rendait l’air chaud texan irrespirable. L’AT&T Stadium de Dallas était en furie. Si ces turpitudes n’avaient pas arrêté l’équipe des Etats-Unis, ils pouvaient peut-être bien aller au bout de la compétition; pensait-on.
Le huitième de finale
Les gars de Lalas devaient désormais affronter la Suisse d’Urs Fischer, l’entraineur vétéran, et de Georg Heitz, qui faisait bénéficier la sélection helvétique de son expérience américaine, cette fois en tant que team manager. Au MetLife Stadium de New-York, on croyait fermement en Tom Fenwick, avec déjà 7 réalisations dans cette épreuve. Mais le public fut refroidi par le magnifique centre de Kevin Mbabu, la reprise puisse de Denis Zakaria, et la tête non-moins costaude de Breel Embolo, qui déviait dans la cage américaine. 0-1, stupeur pour les 90% d’américains et ferveur pour les 10% de Suisse qui avaient fait le déplacement de Zurich et de Genève, avec près de 8 vols charters.
Mené à la mi-temps, Lalas du resserrer les rangs, et demander à ce que qu’on serve Fenwick. C’est lui qui égalisera sur penalty, et Brandon Vazquez qui crucifiera l’équipe suisse. Julia et Will Still dans les tribunes se prirent dans les bras. Non seulement Tom était toujours en tête du classement des buteurs, mais le prochain match contre le Canada s’annonçait sûrement plus facile.
Le quart de finale
Que nenni. Ce Canada – USA joué à Vancouver un 4 juillet ne serait pas un parcours de santé pour l’équipe américaine. On se demandait encore comment on n’avait pu concevoir un tel tableau où les Américains ne jouaient pas leur Coupe du Monde à domicile. Comme ultime concession de Gianni Infantino, les Canadiens qui intercédaient pour plusieurs affaires internationales, avaient obtenu ce match et la même la modification du tableau. Bref, lorsqu’à la mi-temps Fenwick rentrait blessé, et que c’est le jeune Falk-Shapovalov qui avait donné l’avantage à la marque des locaux, c’est tout le Canada qui se prêtait à rêver. Le jeune prodige doubla même la mise sur un coup-franc décentré qui toucha le poteau extérieur, rebondit sur la ligne, et fut détourné par mégarde par le gardien américain. 0-2 à 22 minutes du coup de sifflet final. Heureusement, Lalas avait des ressources. Cristian Roldan puis un but contre son camp du québécois Mathieu Betts, converti du football américain, remirent la marque sur un score de parité. Après des prolongations encore une fois intense, les USA s’imposèrent aux tirs au buts, avec une victoire soulignée par le tir ultime de Brandon Vazquez. Dans la coulisse, Isidorian Schkrummel soignait déjà la contracture au mollet de Tom Fenwick.
La demi-finale
L’attaquant star des Etats-Unis ne rentra que dans le dernier quart d’heure face à l’Argentine, championne du Monde. Le score était de 1-1, grâce à une tête magistrale de Sol Larry Fitzgerald pour les USA. Il avait répondu à celle de Lisandro Martinez en début de match. Quand Tom entra, il sentit assez vite son mollet le tirer. Il n’était finalement par remis. Renoncer aux infiltrations avait peut-être été une erreur. Le public de Kansas City était déchainé, mais ne se doutait pas de la difficulté rencontrée par Fenwick. Et il n’eut pas à s’en soucier quand, à la 84e minute, sur un centre raté de Roldan, Fenwick chut et reprit le ballon sans le faire exprès d’une magnifique aile de pigeon. Le geste devenu quelque peu désuet retrouva soudain une nouvelle jeunesse auprès des amateurs en herbe du monde en entier. Fenwick venait d’inscrire le 2-1 victorieux. Mais il dut sortir. Avec 9 réalisations, il était toujours en tête du classement des buteurs, avec deux buts de plus que Leroy Sané et Vinicius Junior.
La Finale
Annoncé incertain, Tom Fenwick jouerait sous infiltrations. Si Julia le lui avait déconseillé, Will Still l’incitait à rentrer dans l’histoire. Molly Cob et Taylor Swift donnèrent le coup d’envoi d’une rencontre historique, opposant les Etats-Unis au Brésil. Plutôt une surprise selon les bookmakers, pas tant que ça pour les spécialistes des coulisses qui avaient pu observer que les Etats-Unis s’étaient grandement professionnalisés. C’est finalement, l’équipe protéiforme du Brésil qui intriguait le plus.
Fenwick ouvra la marque dès la troisième minute d’un tir surpuissant dont il avait le secret. Alisson Becker, le gardien brésilien de l’Olympique de Marseille, ne put rien. Avec cette 10e réalisation Tom Fenwick remporterait le classement des buteurs.
Vinicius Junior se réveilla toutefois avec un doublé, combiné d’une expulsion de Sol Larry Fitzgerald qui écrasèrent l’ambiance d’abord festive du MetLife Stadium de New-York. Le Brésil remporta ainsi sa 6e Coupe du Monde. Défaite frustrante pour les Etats-Unis, mais une première finale constituait tout de même un bel exploit.
Le Ballon d’or
Avec son transfert au Paris FC à l’issue de la Coupe du Monde, l’américain Tom Fenwick devenait éligible au ballon d’Or. Si son intégration pour son unique saison en France était plutôt difficile, le fait que le club caracole en tête plaida d’abord pour la retenue de sa candidature au Ballon d’Or. Et le soir de la cérémonie, le 11 novembre 2026 à la Tour Eiffel, Tom Fenwick fut couronné. Il faut ajouter que son but de 40 mètres, un mois plus tôt contre l’AS Monaco en championnat de France, avait fait le tour des réseaux sociaux. Ses 10 réalisations en Coupe du Monde avaient aussi fait la différence. Fenwick devançait Vinicius Junior, George Mikautadze et Denis Zakaria.
Sans grande surprise, Boussad Benamour, qui avait confirmé, eut la récompense Lev Yachine, en devançant Alisson Becker. Le canadien Mikael Falk-Schapovalov celle du meilleur espoir. Chez les féminines, c’est une autre canadienne, Enola Papilien, qui fut couronnée, alors qu’Alexia Santos était récompensée comme le meilleur espoir féminin. Pour la première fois de l’histoire, aucun joueur d’origine européenne n’était mis en valeur.
19 décembre 2024
23. Les Chrétiens de Beyrouth
17 décembre 2024
22. Sofia e Elton
Ecrit le 08.07.2023, à Morzine. Ajusté le 17.12.2024 à Ferney-Voltaire.
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Sofia et Elton Cristiani étaient originaires du Val d’Aoste, au Nord-Ouest de l’Italie. Les deux tourtereaux s’étaient rencontrés au Lycée, et étaient alors loin d’imaginer la carrière qu’ils mèneraient ensemble. Plutôt connus pour être discrets et posés, les deux se sont liés à jamais dès 18 ans et ont eu des parcours mêlés remarquables. En voici un extrait, tel que découvert par Edmond Wells :
Première rencontre
"Je rencontrai pour la première fois Sofia et Elton à l’hôtel de la Clef des champs de Morzine, un huit juillet. Les deux en combinaisons moulantes de cycliste ; elle, dévoilant ses généreuses formes dont des larges cuisses, et lui, sa musculeuse et imposante charpente du haut du corps. Le couple quelque peu dissymétrique (2m09 et 1m68) était d’une complicité tacite remarquable. L’ambition et la détermination transpiraient de leurs sourires et de leurs gestes mesurés.
J’appris à les connaître aux séances du petit-déjeuner, l’heure de leur briefing de parcours de la journée. Ils me firent aussi découvrir leur univers sportif ; en plus du cyclisme, composé aussi d’activités aquatiques et de football. Sur ce dernier théâtre, Madame avait fait toutes les sélections italiennes depuis les U15, Monsieur, préférant la nage, le papillon surtout, jouait pour le club d’Aoste où il avait fait sa carrière.
Sofia jouait actuellement en Espoirs, dans le 11 de la Squadra Azura, et ne parlait qu’un français moyen. C’est Elton qui me partagea les exploits footballistiques de sa femme.
Sofia, défenseuse centrale, jouait au même poste que son mari. Elle venait début juin d’obtenir sa première sélection en « A », comme on dit, avec une victoire 1-0 à Genève face à la Suisse. Les deux envisageaient d’ailleurs maintenant de s’installer au bord du Lac de Genève, par facilité de voyage. Il est vrai que les compétitions qui rythmaient leurs vies effrénées les emmenaient un peu partout.
Elton allait disputer les Jeux Olympiques en Natation, mais ça ne semblait pas l’enthousiasmer outre-mesure."
Nouvelle rencontre
"Je croisai Elton et Sofia quelques temps plus tard. Ils s’étaient installés à Lausanne ; lui et elle, ayant changé de club de football, ce qui semblait avoir été un crève-cœur. On ne quitte pas comme cela, le Val d’Aoste et sa famille qui y est installée sur place depuis des générations.
Sofia signa au Servette-Chênois FC, dans l’élite du football féminin suisse, alors qu’Elton se contenterait de Lausanne-Ouchy, en troisième division nationale.
Je vis Sofia quelques fois au Stade de Genève, et gardai une véritablement admiration pour son charme discret…mais solide à la fois. Elle remporta plusieurs titres nationaux, et nous sympathisâmes sur la durée. Je suivis un peu moins la carrière d’Elton, qui finit par remporter une médaille de bronze par équipe en Natation aux Jeux Olympiques à sa deuxième participation, et s’était vu transférer en Challenge League suisse en fin de carrière en évoluant pour Yverdon-Sport."
Dernière rencontre
"Plus tard, alors qu’ils avaient raccroché, on se croisa à nouveau à Morzine pour l’Etape du Tour qu’ils courraient toujours. Elle, toujours resplendissante, remporta l’épreuve dans la catégorie « sénior » des plus de 50 ans, et lui finissant avec les honneurs dans sa propre catégorie. Il me parlait de Georges Mikautadze et de Cyprien B, et de leur foi, comme s’il était encore avec eux.
Malgré des carrières très honorables, jamais les deux n’auront cherché la lumière des projecteurs et de la gloire, et, leur passion sportive sera restée éternelle. Comme la neige des cimes autour de Morzine."
15 décembre 2024
21. 2028 : Naissance de l’Alliance du Nord
Initié le 14.08.2024 et finalisé le 15.12.2024 à Ferney-Voltaire
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L’histoire d’une alliance
Dans ses recherches, Edmond Wells était tombé sur le passage suivant : « Il s’en suivit tout de même une mise en commun des accords commerciaux pour la 65e édition de la Bundesliga, et une première Alliance sobrement appelée « du Nord » fut enregistrée avec les clubs du Werder, de l’HSV, mais aussi de Rostock à l’est et du Légia Gdansk en Pologne. Les affinités historiques et le besoin de tisser des liens commerciaux et culturels avaient prédominé pour l’établissement de ce premier quatuor. »
Edmond avait-il envisagé la véritable histoire de l’alliance qui précéda celle de la puissante alliance Hanséatique qui naîtrait quelques années plus tard ?
Le Nord contre le Sud
Karsten Bäron étant devenu en 2027 le nouveau président du Hamburger SV, il engagea une démarche révolutionnaire au Nord de l’Allemagne en faisant une alliance avec le membre historique du parti socialiste allemand de la baronnie de Brême : Hubertus Hess-Grunewald. C’est ainsi que les deux clubs envisagèrent différents types de partenariat. Les événements se débloquèrent au contact de Mirko Votava, le vieil entraineur du FC Hansa Rostock, une légende du Werder de Brême. Ce sont en fait les 3 clubs qui signèrent un pré-contrat le 8 août 2028, rejoints quelques jours plus tard par le Légia de Gdansk du fils de Mirko, Volodymyr Votava, président du club.
Voilà donc une alliance du Nord prête à s’opposer à celle du FC Bayern, allié au FC Augsbourg, aux suisses du FC Bâle, et aux Ethiopiens de la Bayern Academy d’Addis-Abeba, et formée un an plus tôt.
Le tournoi d’été
Après une multitude de matchs amicaux entre les clubs ces derniers mois, comme premier événement de l’alliance, Karsten Bäron proposa un tournoi de début de septembre entre les 4 équipes de « l’Alliance du Nord » pour affronter ensuite le FC Bayern, hégémonique dans sa propre alliance. A la surprise générale, c’est alors le Légia Gdansk, modestement positionné en milieu de ce début de championnat de la première division polonaise, qui sortit vainqueur du tournoi. Il battit le Hamburger SV par 2-1, puis le Werder de Brème par 3-2 – avec 5 buts inscrits par l’ukrainien Bohdan Viunnyk, attaquant désormais emblématique du club de l’ex-Dantzig.
Lors du match final contre le FC Bayern de Munich, Bohdan Viunnyk était affaibli et ne fut pas aligné. Le Légia Gdansk n’eut aucune chance et s’inclina 6-0. De quoi remonter encore plus Karsten Bäron ou encore Hubertus Hess-Grunewald, créant une émulation et engendrant la décision d’un tournoi d’hiver, entre Noël et Nouvel An.
Le tournoi d’hiver
Fin décembre 2028, non seulement les 4 clubs de l’ « Alliance du Nord » allaient figurer mais également des invités comme le Borussia Dortmund et le FC Copenhague. De quoi tisser de nouveaux liens. Etrangement, le premier tournoi d’hiver vit la victoire du FC Hansa Rostock en finale contre le Borussia Dortmund. Avant que dans les années ultérieures, les Dortmundais s’y imposent systématiquement pendant plusieurs saisons.
L’esprit hanséatique
La plateforme ainsi créée devint au fil du temps davantage un piédestal pour le club phare de l’alliance dès le 1er janvier 2030 : le BVB, plutôt que pour les clubs fondateurs du Werder de Brême et de l’HSV. Karsten Bäron avait maintenant hérité de beaucoup de cheveux gris. Ses premiers contacts avec Henry Stevenborg pour la présider avaient échoué, et la domination des clubs britanniques devait être contrée. La création même de la « 1ère division britannique » ferait du mal. Il fallait réagir dans l’esprit « hanséatique » qui était celui des amis de Karsten.
14 décembre 2024
20. Le Ballon d’Or 2026 (1ère partie)
Ecrit le 12.11.2023, à Alsting (France)
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L’hymne américain avait retenti comme jamais dans le MetLife Stadium de New York, et Tom Fenwick, 22 ans et épuisé par les événements des dernières 24h, était soulagé de voir Julia, sa fiancée, près de son agent Will Still. Il se tenait raide et droit comme un clou, et pleurait d’incrédulité et de solennité dans cet antre qu’il avait vu Julia s’ouvrir à lui, un soir exceptionnel d’il y a quelques mois.
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L’ouverture
C’était l’ouverture de la Coupe du Monde de football 2026, sponsorisée en première ligne par Coca-Cola Corp., qui avait mis le paquet. Les Etats-Unis affrontaient l’Angleterre dans un match inaugural sensationnel, et dans le cadre d’un groupe de haut niveau, avec le Japon et l’Afrique du Sud. Les hommes de Jack Loves avaient vu au fil des dernières années la pépite de Brooklyn éclore comme une star locale, l’attaquant marquant très souvent grâce à son accélération, sa vitesse de pointe, et une frappe sourde du pied droit quasiment imparable quand elle était cadrée.
De fait, les bookmakers hésitaient entre l’Angleterre et les Etats-Unis comme favoris de ce groupe B, alors que le Japon n’était pas loin, auteur d’un sans-faute dans les qualifications asiatiques, et que l’Afrique du Sud peinait à rejoindre l’équivalence de son excellence rugbystique. Tom, attaquant du Red Bull de New York, avait fini 2e meilleur buteur de la MLS en Novembre dernier, et était leader au classement d’une saison coupée en deux. De fait, il était convoité par les plus grands clubs, dont le Real de Madrid, Manchester United et les deux clubs de la capitale française : le Paris Saint-Germain, et le Paris FC.
La course
Mais la tête de Tom était encore toute retournée. Le rapt de Julia, la course pour avoir des informations, celle pour la retrouver, celle pour solliciter sa tumultueuse famille, et cette terrible attente, avaient fait des dernières heures un calvaire épuisant. Tom avait d’abord demandé à Jack de ne pas jouer, mais le coach anglais l’avait convaincu. « Ne fait pas comme Cruyff en 1978 ».
Au coup d’envoi, Jude Bellingham envoya directement sur Sterling qui ouvrit le score. Vingt-sept secondes seulement et déjà 0-1. Encore une épreuve pour Tom, marqué de près par John Stones. La première mi-temps fut disputée, et les anglais étaient redoutables et presqu’aussi déterminés que les américains. Si Tom était soulagé moralement, ses muscles étaient quelque peu tétanisés ; sa terrible journée, et l’enjeu aussi. Au fur et à mesure des minutes qui passent, il se dit qu’il ne tiendra pas tout le match.
Le gamin de Brooklyn
Mais l’adrénaline aidant, il profita d’un trou de souris à la 44e pour s’infiltrer entre Stones et Maguire, qui commit l’irréparable en crochetant Fenwick. Penalty. Les coéquipiers rouge et blanc hurlèrent de joie, et le stade rugit de plaisir – sous la pression libérée. Et maintenant, il fallait transformer. Tom Fenwick pris le ballon, et le gamin de Brooklyn trompa Pickford. 1-1, tout était relancé.
Tom sortit à la mi-temps au profit de Brandon Vazquez. Ce dernier donna le 2-1 pour Team USA, qui se fit rejoindre un peu plus tard sur un coup franc de Bellingham. C’est donc sur un match nul 2-2 de très bonne facture que c’était lancée cette 23e Coupe du Monde de la FIFA.
Cinq buts en deux matchs
Dans ce groupe B, le Japon terrassa l’Afrique du Sud, et le match du Rose Bowl de Pasadena, près de Los Angeles, s’avéra déjà décisif pour les Américains. Tom Fenwick était sur le banc pour commencer, mais entra à la 55e alors que son équipe était menée 0-1, sur un but de Tsunemoto servi par Goku. Tom inscrivit alors un triplé historique, une première pour un joueur yankee en Coupe du Monde depuis 1930, et donna une grande bouffée d’espoir de qualification à son équipe nationale.
Dans le troisième match au Cotton Bowl de Dallas, Tom commença la partie avec une équipe hybride, où son ami et coéquipier John Tolkin fit une apparition, et dans lequel Cristian Roldan, désormais pensionnaire de l’AS Roma, avait rapidement ouvert le score pour les Etats-Unis. Finalement menés 2-0 avant la mi-temps, les Sud-Africains s’effondrèrent en deuxième mi-temps, sur un doublé de Tom Fenwick, bien sûr. 4-0, 6 buts déjà inscrits pour lui, et la tête du groupe de surcroît pour son équipe, que demander de mieux pour Tom Fenwick ?
Le rêve
Le soir, dans sa chambre d’hôtel entre Dallas et Fort Worth, Tom ne lâchait plus son téléphone mobile. A l’autre bout du fil, c’était Julia bien sûr, sa chanteuse new-yorkaise préférée, son ami, sa confidente, celle qui était devenue sa fiancée. Il la retrouverait demain pour le jour de pause octroyé aux familles, mais il était si soulagé que, finalement, le rendez-vous tant attendu, était déjà synonyme de réussite.
Cette nuit-là, il rêva d’elle, puis d’un monstre alien qui grogna dans une langue étrangère et qui le filait dans un labyrinthe interminable. Dans la troisième partie de son rêve, c’est Johan Cruyff qui le serra dans ses bras.
08 décembre 2024
19. Déca-danse
Ecrit les 09 et 10/08/2024, puis complété le 07/12/2024 à Ferney-Voltaire
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Avoir entendu scander le "Deutschland über Alles" à multiples reprises dans les stades de l’Est de l’Allemagne, ou encore voir le gouvernement français s’effondrer après de nombreuses turpitudes, n’était finalement pas grand-chose comparé à l’attitude de la Grande-Russie depuis quelques mois, autant sur les plans politique et diplomatique, qu’au niveau des instances internationales, y compris sportives.
Sichtpunkt
Nils Aigenbauer craignait ce qui se passait à l’Est de l’Europe.
Vladimir Poutine avait non seulement obtenu les Jeux Olympiques de Moscou pour 2036, mais en plus une revue complète des épreuves pour faire briller « L‘Empire Russe » qu’il venait de reconstituer en quelques années par absorption de la Biélorussie, la Moldavie et la Transnistrie, une partie encore du Kazakhstan, de l’Ukraine et de l’Azerbaïdjan. L’OTAN s’était mobilisée, avait même contre-attaqué parfois, mais les combattants Tchétchènes, les forces paramilitaires et les actions de cybercriminalité étaient sans égales du côté occidental.
Ainsi, le football professionnel fut supprimé des épreuves olympiques, comme d’autres disciplines. Et pourtant, le tsar avait fait investir par ses oligarques préférés non moins de 10 Milliards d’euros dans le football russe, et quelques championnats outre-empire, dont ceux de l’Autriche-Hongrie, du championnat pan-maghrébin, ou dans le championnat éthiopien-érythréen.
C’est d’ailleurs la Fédération Impériale Russe qui s’opposera à l’UEFA en créant une Super-Ligue européenne de l’Est et du Sud, avec la complicité des fédérations turques, syriennes, et d’Azerbaïdjan.
Il n’y eu qu’une seule édition en 2033, d’ailleurs remportée par le FK Sotchi devant Shanghai SIPG par 3-0 en finale disputée à Bakou. Sotchi avait éliminé le Baltica de Kaliningrad, le FK Simferopol, le Fenerbahce d’Istanbul en quart de finale, puis le FK Qarabag en demi-finale à Sébastopol, par 5 buts à 1. Shanghai avait disputé un tour de moins, en écartant de belle manière Trabzonspor, puis le club syrien de « Al Futuwa Deir ez-Zor » par 7-0 dans une partie caniculaire disputée sur la partie turque de l’île de Chypre, et en éliminant le Dinamo de Minsk aux tirs aux buts, à la surprise générale.
Nils avait d’ailleurs assisté à la rencontre en Shanghai SIPG et le Dinamo de Minsk, puisqu’elle s’était jouée à Königsberg (ou encore Kaliningrad) où il avait un grand-oncle d’origine prussienne. Le décathlonien allemand avait été très impressionné par la discipline hors du temps affichée par les Biélorusses. L’avenir lui semblait alors se dessiner sans l’Occident.
Recep Fünf
C’était un jeune père de famille franco-turc, qui avait voyagé entre la France et l’Allemagne, avant d’épousé une fille germano-turc de la Sarre. Recep Fünf n’avait rien à voir avec le football, mais il avait pratiqué les courses de fond, et même un marathon une fois, lors des Jeux Olympiques de Paris.
Maintenant, Recep avait quitté le foyer et avait côtoyé des gens qu’ils n’auraient jamais écouté dans le passé. Les choses avaient changé, et l’Occident n’intéressait plus Recep. De son point de vue, Poutine et les BRICS avaient lancé une nouvelle ère mondiale, l’occasion de renouer avec ses origines turques. Le fait que la Fédération Impériale Russe qui s’oppose à l’UEFA le poussait même à s’intéresser au football et notamment à la Super-Ligue européenne de l’Est et du Sud. Recep assista à Trabzonspor contre les biélorusses du FC Neman Grodno, puis à la rencontre entre les turcs et Shanghai. La déception de la défaite du 2e match fut amère, mais il envoya une vidéo à son ex-épouse pour son fils Dündar, qui eut quand même une importance.
Il était désormais acquis à Fünf qu’il devait refaire sa vie à Istanbul.
Le PDG d’Instagram
Pavel Dourov, le PDG d’Instagram reconnu comme truand international, et Matteo Goncharov, mafieux hors pair, venaient de reprendre le Dinamo de Minsk en tant que co-présidents. Quand Petar Wromski, devenu directeur sportif, fit venir Isidorian Schkrummel, divorcé et sortant de prison, comme préparateur physique, un des multiples scandales emblématiques fut étouffé.
Ce terreau néfaste alimenté par les subsides corrompus issus de l’industrie gazière engendra de nombreuses controverses, dont celle éphémère des malversations prétendues d’Isidorian Shkrummel, qui aurait manipulé plusieurs personnes au club et fait pression sur d’autres. Une plainte finalement déposée par Goncharov visait surtout à protéger Wromski, attaqué en coulisses par plusieurs joueuses du club pour harcèlement. L’UEFA ne pouvait plus rien depuis l’affaire récente de la Super Ligue européenne de l’Est et du Sud. Dourov couvrit l’affaire dans les médias.
Isidorian Schkrummel paya la facture et fut expulsé, alors que les malversations purent continuer au cœur de l’ex-Biélorussie. L’UEFA ne reprit la main que plusieurs années plus tard, avec l’aval des dirigeants impériaux, légèrement gênés aux entournures.
Amazing Grace
Lors du grand concert de Wembley pour la Paix, et surtout soutenu par les stars occidentales, il faut bien le dire, des banderoles de protestation furent parachutées par des associations miliciennes impériales. En marge, près d’une entrée, une bombe agricole fit de nombreux blessés, dont le jeune Gemili Cricket, venu avec ses amis, ou encore un groupe venu du continent et comprenant Karsten Bäron, Volodomyr Votava et Bohdan Vinniuk, qui venaient célébrer leur alliance de résistance.
Les exactions se multipliaient aussi en Grande-Bretagne Unifiée, et, depuis l’accession au trône du Roi William, les terroristes avaient trouvé un terreau moins réactif qu’il n’avait pu être.
07 décembre 2024
18. Le décathlonien allemand
Ecrit à Alsting le 5 août 2024
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Prologue
Nils Aigenbauer, originaire de Stuttgart dans le Baden-Würtemberg, avait joué au football toute sa vie. Il avait la particularité de s’être mis en sus à l’athlétisme dès le lycée. Il avait fréquenté le lycée franco-allemand de Fribourg, où l’athlétisme était, d’une part, bien mis en valeur, et, en plus, supporté par une exigence hors pair, sous la houlette de Pascal Behrenbruch, directeur sportif du lycée, en ancien décathlonien célèbre.
Une situation hors du commun
Qualifié pour les JO de Brisbane, Nils termina à la 7e place du classement au terme des 10 épreuves. Les chinois Lin et Zhang étaient imprenables, le Russe Ichlakov avait pris le bronze, alors que les européens étaient loin. Sauf Aigenbauer, et dans une moindre mesure le Norvégien Burundi. À seulement 24 ans, Nils avait grandement apprécié son aventure olympique, et les médias germanophones en avait fait une nouvelle star. Il avait annoncé qu’il continuerait l’entraînement sans renoncer à sa carrière de footballeur, puisqu’il était professionnel en 2. Bundesliga depuis 3 saisons. Devenu pro avec le SC Freiburg, il jouait désormais pour le VfB Stuttgart. Depuis 3 saisons, le club ne parvenait pas à remonter en 1. Bundesliga, devenu désormais le meilleur championnat d’Europe, en rivalité avec la Premier League, et devant le championnat espagnol.
L’exigence du décathlon déplaisait par principe aux dirigeants du club stuttgartois, mais elle conférait et entretenait chez le joueur des qualités inégalées de puissance, de résistance, de souplesse, qui, combinées avec sa frappe du droit forte et précise, en faisait un milieu de terrain polyvalent solide d’1m98 et 92 kg. Adepte de l'harmonium et de poésie, Nils avait joué demi-défensif et en défense centrale, à Stuttgart il était plutôt devenu un « supersub » pour tous les postes du milieu de terrain. Au début de cette nouvelle saison, qu’il débutait avec une préparation tardive en raison de Jeux, sa rentrée en cours de rencontre face à Schalke 04 dans le 2e match de la saison fut fortement remarquée, grâce à un but de 60m marqué depuis l’aile droite, sur une reprise de volée très spectaculaire, qui a lobé le gardien Lehmann.
Dès lors, la rencontre de Coupe qui suivait contre le Bayern, excusez du peu, s’annonçait sous de bons augures. En effet, Aigenbauer fut aligné d’entrée pour la première fois de la saison et participa activement à l’exploit de l’élimination des champions recordmen de la Bundesliga, 38 fois. Le match se termina à Stuttgart par une victoire 2-1, avec deux passes décisives d’Aigenbauer, et un tir fulgurant sur la transversale au début de la deuxième mi-temps. Nils avait été remplacé à la 79e, mais était fier comme Artaban.
Une belle carrière au FC Kaiserslautern
La semaine suivante, Nils ne pourrait toutefois pas participer au match de championnat contre le SV Elversberg, puisqu’il avait un meeting d’athlétisme à Zurich.
Au gré de cette saison, Nils apparu 23 fois en championnat, dont seulement 8 fois d’entrée de jeu. Il marqua deux buts de la tête, et fut l’auteur de 7 passes décisives. Il avait figuré à 6 postes différents. Ce rythme ne lui convint plus, et à l’issue de la saison, il annonça qu’il renonçait au Décathlon pour deux saisons - pour se consacrer au football qui lui rapportait le quadruple de revenus, dans un championnat allemand très prisé. Stuttgart n’était toujours pas parvenu à remonter dans l’élite, mais s’était hissé jusqu’en demi-finale de la Coupe d’Allemagne contre Leverkusen, avec une réduction du score de notre héros encore un peu décathlonien.
Prêté au 1. FC Kaiserslautern pour 6 mois dans sa nouvelle saison, Nils Aigenbauer convint assez rapidement, et y fut définitivement transféré à Noël. Dès lors, sa carrière footballistique explosa, avec une montée en 1. Bundesliga, et une première sélection avec la Mannschaft à 26 ans, dans un cas unique de sportif multicarte.
Deux saisons plus tard, toujours sous contrat avec Kaiserslautern, et auteur d’un parcours remarquable en Coupe d’Europe, Nils annonça reprendre l’entraînement du Décathlon malgré une blessure persistante à la cheville droite. De fait, son vieil entraineur Horst Heldt se convainc de n’aligner Nils que pour les matchs de Coupe d’Allemagne et d’Europe, ce que Nils accepta en vue de la préparation des Jeux Olympiques de Moscou.
Epilogue
Après un premier tour contre le Stade Nyonnais de Michal Boniek, Nils se fracturera le tibia dans le tournoi du Léman en août 2034 contre l’Olympique Lyonnais. Un tacle assez mal contrôlé par Faustino de Brumer fut en cause. Ceci mit fin à sa carrière de… footballeur, afin, selon lui. qu’il puisse se consacrer de plus en plus à la préparation physique. Entre-temps, sa médaille de bronze olympique, comme seul européen dans les 12 premiers des Jeux de Moscou, Nils envisageait une carrière de coach dans l’athlétisme.
En 2036, toujours motivé par des revenus inégalables, Nils revint dans le football en tant que préparateur physique, d’abord du SC Freiburg, puis du Hertha Berlin, et enfin de Chelsea, désormais Champion du Monde des clubs, où il côtoya Bérénice Julianne et prit pour épouse Nadia Elenescova, gardienne de l’équipe féminine.
06 décembre 2024
17. Hommage : Dans l'antre de Daniel
Ecrit sous le choc de la nouvelle de la disparition d’un ami, à Ferney-Voltaire le 06/12/2024.
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Dans l'antre de Daniel
« RAMS », Jérôme pour les intimes, commence le direct du reportage en sonnant à la porte de la maison de Daniel. On est loin du bout du lac, on est même au-delà du « Röstigraben », et pourtant c’est là que se cache la plus belle collection au monde d’un tout grand club européen : Le Servette FC. On est chez les Reichmuth, et RAMS a eu le droit de faire voir dans l’antre magique au nom des Enfants du Servette (les "EdS").
RAMS et sa camera pénètrent maintenant dans la sacro-sainte pièce que se videra prochainement pour orner le nouveau musée du Servette FC au pied du Stade de la Praille, autour du mur de la solidarité. Daniel est là et montre les maillots, les fanions, les drapeaux, les albums, les bibelots, les superbes photos ou encore sa collection d’articles sur le club Grenat. RAMS, qui est un supporter bienveillant et inconditionnel du Servette, a les yeux qui s’écarquillent. Le reportage devient émouvant. Les 1890 fans connectés au live deviennent bientôt 3600 et dépassent les 5000, quand Daniel montre son panneau de la CFF intitulé « Charmilles Express ».
La passion
RAMS zoome sur le panneau. Les likes pleuvent. Il s’adresse de nouveau à Daniel et lui demande encore « pourquoi tout ça ? ». Et Daniel, l’ancien joueur professionnel qui répond en suisse-allemand, parle de la passion cultivé par le site Super-Servette, que seule un club romantique comme le SFC peut relayer et qui a essaimé dans son cœur et dans sa tête. Les déplacements sont de plus de 200 km, mais « la distance ne compte pas quand on a la passion ». RAMS adore. Il est lui aussi un supporter de longue date, apprécié de tous, et ses commentaires entretiendrons l’attachement et la fidélité des suiveurs.
RAMS termine ce reportage en souhaitant une belle inauguration au Musée du club, et exprime la volonté des EdS de dresser une plaque et un portrait géants à Daniel, fidèle parmi les fidèles, au sein de l’enceinte. Le club n’oubliera ni Daniel, ni RAMS, ni les EdS. Le dimanche suivant, en marge d’une victoire contre les Grasshoppers, le président Fischer inaugure le Musée en présence de Daniel, RAMS, et les EdS. Des anciens joueurs comme Lionel Pizzinat, Miroslav Stevanovic ou Matthias Vitkieviez sont là aussi. Le moment est historique. RAMS peut partir en paix.
Quelques références
- La tristesse infinie des Enfants du Servette à la disparition de RAMS
- A propos du panneau "Charmilles Express"
- Un hommage à la mine d'or de Daniel sur les Enfants du Servette
- Le site Super Servette
- Le mur de la solidarité sur les Enfants du Servette
- Le profil de Daniel sur Tranfermarkt
03 décembre 2024
16. Dans l’ombre d’Alexia
Ecrit à Ferney-Voltaire, le 03.12.2024
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L’espoir
Nadia Fatima Elenescova était une discrète gardienne roumaine d’une souplesse inégalée et de relative petite taille (1m64). Elle était connue pour ses détentes spectaculaires et inédites chez des joueuses féminines. A 14 ans, elle quitta le Steaua Bucarest pour le Real de Madrid et se retrouva rapidement en doublure de l’équipe première menée par la star Alexia Santos. Elle y côtoyait Bérénice Julianne, la préparatrice mentale de l’équipe qui la suivit tout particulièrement, notamment en raison de son jeune âge et du déracinement vis-à-vis de sa famille. Bérénice qui s’intéressait aussi à Alexia Santos, les mit en relation. Et une amitié très forte naîtra d’une progressive complicité, mais aussi d’une complémentarité étonnante pour les résultats du club.
La détermination
Quand, début octobre, Myriam Asslani, la gardienne kosovarde de l’équipe, se blessa au coude pour un mois, la jeune Nadia eut sa chance avec à peine 14 ans et demi. Elle sauta dans tous les sens et arrêta exclusivement tous les tirs adverses des canonnières de l’Atletico de Madrid. Le Real se qualifia pour la demi-finale de la Coupe de la Reine, et la jeune Nadia fut serrée dans ses bras par Alexia Santos à l’issue de la rencontre ; elle, qui avait marqué par deux fois, sur coup-franc et sur penalty.
Le talent
Dans le match de championnat qui suivit contre Fuenlabrada, un derby, le Real s’imposa cette fois 6-0. Mais Nadia s’illustra à nouveau avec son numéro 32, lorsqu’elle s’envola dans les airs pour détourner la balle de corner qui tombait dans la lucarne. De parole de journalistes espagnols au bord du terrain, on n’avait jamais vu cela dans le football féminin. La coach Ana Maria Crnogorcevic décida donc de reconduire Nadia aux buts dans le match de Coupe d’Europe retour contre Chelsea. Au match aller, le Real s’était incliné deux à zéro. Au Santiago Barnabeu, les filles de la capitale espagnole vont retourner la situation. Et encore une fois, Nadia Elenescova fera des exploits.
Petite sauterelle
Les onze tirs de Lauren James sont détournés les uns après les autres par cette petite sauterelle et son maillot vert, qui plonge sans vergogne dans les airs et dans les pieds de ses adversaires. Injustement, elle subira un penalty à la 33e, qu’elle finira par détourner deux fois, alors que l’IA avait demandé à ce qu’il soit retiré. A 0-0 à la mi-temps, c’est Alexia Santos qui prit les choses en main. Elle lança Imane Saoud dès l’entame de la 2e période, et le score passa à 1-0. A la 75e, elle marqua un coup-franc de 25 mètres, assez unique dans le football des dames. A 2-0, la balle était au centre. Il y eu des prolongations, et des tirs aux buts. Et Elena qualifia le Real pour les Quart de Finale, en repoussant deux tirs sur quatre, alors que les quatre madrilènes marquèrent, dont Alexia, bien sûr.
L’ombre et la lumière
Nadia se blessa malheureusement à l’entrainement le lundi suivant. Et Myiam Asslani retrouva sa place. Mais dans la tête d’Ana Maria Crnogorcevic, la hiérarchie était désormais claire. Au moindre faux-pas, Nadia retrouverait sa place. Ce fut le cas en février, alors que le Real avait perdu 3-1 à Barcelone et sa première place au classement, Alexia vint plaider la cause de Nadia auprès d’Ana Maria. Elle n’eut pas besoin de s’épuiser, le « switch » eut lieu pour le reste de la saison. Et Nadia souleva la Coupe de la Reine aux côtés d’Alexia, la super star, qui la serra fort, parce qu’elle savait ce qu’elle lui devait. Le FC Barcelone venait d’être terrassé en Coupe comme en Championnat.
La carrière de Nadia était lancée, Bérénice y veillerait, même si ça devait être dans l’ombre de celle d’Alexia.
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