Ecrit à Alsting le 19.12.2024.
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L’ASC Beyrouth
L’Association Sportive Libre des Chrétiens de Beyrouth, abrégée ASC Beyrouth, mais surtout appelée succinctement « les Chrétiens de Beyrouth » était un club de football professionnel fondé sur les ruines chrétiennes de ce qu’avait été le Liban. Après les multiples interventions musclées d’Israël, ce sont les Américains qui devancèrent les Français empêtrés dans leurs affaires intérieures pour intervenir militairement. Le Territoire Libre du Liban (TLL) était créé sous la houlette des Yankees, mais la Suisse, le Canada, le Benelux et le Congo avaient intercédé pour créer une zone libre spéciale autour de Beyrouth.
Dans cette zone, la langue française était préservée, parlée par environ un tiers de la population. Ailleurs, c’est l’arabe ultra majoritaire au quotidien qui faisait place à l’anglais, au russe et au mandarin pour les transactions internationales.
La montée
Sofia Cristiani était intervenue pour le CICR puis pour sous mandat des Nations Unies pour réactiver la vie associative à Beyrouth. Un a plus tard, elle était Présidente du Club, et son mari Elton était Entraineur-joueur. Le capitaine de l’équipe Filippo, un ami de la famille, italo-libanais, avait lui aussi fait le voyage de Genève. Cet îlot de football dans un monde en reconstruction, ou plutôt sur une planète en pleine confusion, rendait l’aventure exaltante. Enfin, un nouvel espoir !
Partis sur les bases du Racing Club de Beyrouth évoluant en Bleu et Blanc, les « fondateurs » avaient voulu mettre l’accès sur la Chrétienté du club. Tous les clubs ne l’étaient pas, celui-ci était même le seul en 2e division lors de sa création. Heureusement, des joueurs comme Kevin Baffoe, Bendeguz Bolla, et Rashford Aznavour, tous prêtés par des clubs européens, permirent au club de monter en 1ère division du TLL dès la fin de la première saison. L'arrivée de Sofia et Elton, ainsi que celle d’autres prêts allaient lancer une saison inoubliable, pleine d’espérance sur ses terres si longtemps bafouées par la guerre civile.
Toujours plus fort
La nouvelle du rattachement de la fédération de football du TLL à l’UEFA avait encore embelli la situation. Des accords de partenariats complémentaires allaient être signés. Et l’ASC Beyrouth ne fut pas en reste, en tissant des liens avec le SC Freiburg, l’Olympique Lyonnais ou encore le Servette FC.
Du Servette FC, Sofia obtint d’ailleurs le prêt du fils Stevanovic, prénommé Laurentiu, 18 ans, un arrière gauche extrêmement prometteur, un centreur hors pair, un talent brut. Esteban Carioca était quant à lui transféré grâce à un fonds d’aide de la FIFA, qui mettait la main à la pâte, elle aussi. Et quand le vétéran Guillaume Dietsch fut annoncé comme gardien titulaire, on pensait avoir atteint l’objectif. Mais les élans de soutien vinrent de partout ; l’attaquant Georges Mikautadze reviendrait lui aussi faire une pige, avec ses 157 sélections internationales et ses 75 buts pour la Géorgie.
Champions
Dès la première année, les Chrétiens de Beyrouth furent champions, avec 10 points d’avance sur Al Ahed FC et Nejmeh SC, qui s’étaient neutralisés, mais qui n’avait rien pu faire après que les Bleus et Blanc aient déroulé une série de 16 victoires consécutives. Mikautadze avait inscrit 21 buts, Rashford et Carioca en avaient ajouté 15 chacun. De quoi se qualifier pour la Ligue Europa.
Elton raccrochait les crampons, et devenait Directeur Sportif. C’est Olivier Giroud qui allait succéder à Cristiani, en provenance directe des Red Bull de New York. Une aventure elle-même historique, alors qu’ailleurs, comme en France l’instabilité et la guerre civile sévissaient. Trois joueurs lyonnais vinrent de fait renforcer le contingent, dont le vétéran Maxence Caqueret, qui devenait vice-capitaine.
L’ASC Beyrouth entra en lice contre l’US Luxembourg, et remporta le match aller 3-1. Au retour, il s’imposa 5-0. Il roulait désormais non seulement vers un nouveau titre de champion, mais en plus vers un quart de finale de Coupe d’Europe.
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