27 octobre 2024

03. La conférence de presse

 Ecrit pendant la semaine de deuil suivant le décès de mon père, entre les 21 et 25 mai 2024 à Alsting.

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Après le drame, 2024-2025 en Ligue 1

Après le décès soudain de son président…

… le FC Metz s’est totalement réorganisé, pour affronter une nouvelle saison en Ligue 1, qu’il n’avait pu confirmer qu’au travers de difficiles matchs de barrages de promotion/relégation disputés à la toute fin du mois de mai.

Le flash-back

C’est au terme d’interminables tirs aux buts, où le jeune gardien Dietsch, du cru, s’est illustré héroïquement alors que les tireurs messins manquaient eux-mêmes de précision et de confiance, que la formation lorraine confirma sa place dans l’élite. L’épreuve avait peut-être été trop intense pour le président industriel, qui succomba d’un malaise cardiaque soudain dans la soirée, qui était pourtant heureuse pour les Grenats.

Le nouveau directoire à la conférence de presse

Le 3 juin, alors que l’ancien président venait d’être inhumé en grande pompe et avec tous les honneurs, le président délégué Joël Muller, un joueur et entraîneur historique du club, siégeait devant la presse, avec Sylvain Kastendeuch, directeur sportif, mais surtout la nouvelle direction générale. Celle-ci était représentée par Mme Schrub du Crédit Mutuel et Françoise Vaillant des Automobiles du même nom. Mme Schrub était venue de Strasbourg, pour ce moment historique qui voulait que la banque mutualiste rachète 51% des parts du club, pour en devenir l’investisseur majoritaire. Mme Vaillant, la femme du célèbre pilote, et belle-fille d’Henri Vaillant qui avait aussi fait le voyage, représentait pour sa part le groupe français et ses 33% de participation, avec la reprise de racine industrielle dans cette région, grâce à sa fabrication de moteurs hybrides à Trémery, notamment. L’industriel Triskell, minoritaire, était là aussi, ainsi que Baudoin Gilis, frère de Philippe, et représentant du club de Seraing, en Belgique.

Muller annonçait les décisions qui avaient été prises. Il indiqua immédiatement qu’Hélène Schrub évoquerait la partie financière et qu’il ne commenterait que l’organisation et le sportif, aidé par Kastendeuch. Le club revoyait sa zone d’influence qu’il intensifierait au Luxembourg, avec la Ligue toute entière, en Belgique, avec Seraing et les Lorrains d’Arlon, en Allemagne, avec les clubs de Kaiserslautern et de Trèves, et en Lorraine, avec 8 clubs mosellans, 2 clubs meusiens, et 2 clubs vosgiens. Quant au contrat de collaboration avec Génération Foot à Dakar, il serait rediscuté au cours du mois, mais limiterait désormais l’investissement du club, et sa préemption à un seul joueur par an âgé d’au moins 20 ans. Un vrai changement, un recentrage aussi, et des vraies évolutions. La structure du club serait simplifiée, commentait encore Muller, avec quelques hommes forts, dont « Sylvain », Stéphane Borbiconi avec la réserve, et avec un nouvel entraîneur principal : Grégory Proment, pour 3 saisons minimum.

Que des anciens du club !

Les transferts

Miralem Pjanic viendrait y jouer une dernière pige, et récupérerait le brassard, alors que Gauthier Hein serait probablement l’autre recrue importante de la saison dans l’entrejeu. La défense restait un chantier que Kastendeuch et Proment regarderaient à la loupe, en considérant les contrats courants, et les possibilités de recrutement à moindre frais, avec une piste, Marvin Tschibuabua du RFC Seraing. Parce qu’aucun commentaire n’avait été fait sur l’animation offensive, le journaliste Giovanni Castaldi s’adressant à Kastendeuch demanda : « Pas de renfort en attaque, un de vos points faibles majeurs, depuis le départ de Mikautadze ? ». Kastendeuch répliqua : « il y aura des renforts, et vous le saurez en temps et en heure ».

Muller indiqua encore que 8 joueurs actuels étaient sur le départ, en attente de proposition, en plus des 4 en fin de contrat, et qui ne seraient pas renouvelés. L’ancien gardien Alexandre Oukidjia était quant à lui déjà transféré gratuitement à Nancy qui retrouvait enfin la Ligue 2.

La conférence de presse prit fin, non sans que des questions se tournes vers les Vaillant, qui souhaitaient pour l’instant rester en retrait.

Après la conférence, retour à l’entrainement.

Le 21 juin, pour la reprise de l’entraînement, Grégory Proment trouva un petit groupe de 19 joueurs professionnels seulement, qui serait renforcé, et qui étaient prêts à partir le couteau entre les dents. Le voici :

1 - Guillaume Dietsch, Fra, 25a, GB
2 - Kevin Van Den Kerkhof, Alg, 30a, AL/MO D
3 - Mathieu Udol, Fra, 30a, DG
4 - Nikola Soldo, Cro, 25a, DC, prêté par Kaiserslautern
5 - Marvin Tshibuabua, Fra, 24a, DC, transféré depuis le RFC Seraing
7 - Gauthier Hein, Fra, 29a, MOD, transféré depuis l’AJ Auxerre
8 - Cheikh Sabaly, Sen, 27a, MOG
10 - Miralem Pjanic, Bos, 36a, MOC, cap, transféré depuis Sharjah FC
12 - Koffi Kouao, Ivo, 28a, AL D
14 - Benjamin Nduquidi, Ango, 20a, DC
15 – Adel Olazabal, Esp, 21a, MDC, prêté par le FC Barcelone B
16 - Arthur Atta, Fra, 23a, MDC/MC
17 - Abblie Jallow, Gam, 27a, MOD
19 - Ryan Owusu, Mar, 20a, BC
20 - Mathieu Cachbach, Bel, 25a, MC, transféré depuis le RFC Seraing
21 - Anthony Moris, Lux, 36a, GB, transféré depuis l’Union Saint-Gilloise
24 - Morgan Hiessler, Fra, 20a, DC
25 - Joseph Nduquidi, Ango, 21a, MC
29 - Mateo Biondic, All, 22a, BC, prêté par l’Eintracht Trier

02. Keigo « Coma » Tsunemoto

 Ecrit le 25.07.2023, à Vik I Sogn (Norvège)

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L’arrivée

Pour son premier match avec Servette en Juillet 2023, le jeune latéral japonais Keigo Tsunemoto, qui portait alors le n° 3, avait convaincu les supporters par sa détermination et son endurance, mais pas tout à fait son entraîneur. René Weiler, qui était arrivé il y a quelques semaines au Servette, avait fait venir le jeune nippon de son ancien club, les Kashima Antlers, car il avait vu en lui un potentiel remarquable. Il avait longuement parlé avec sa jeune recrue, mettant en avant son rôle offensif sur le côté, ce qu’il devait encore mieux faire avec son compère sur le flanc droit, le légendaire Miroslav Stevanovic.

La blessure

Toujours est-il que ce fut le seul match de championnat disputé cette saison par le Japonais au bord du Lac de Genève, puisque dès la première rencontre de Coupe d’Europe suivante, face au KRC Genk, il se blessa gravement au crâne, tombant dans le coma pour plusieurs mois.

Il passera alors dans les mains du Dr Finn Mahler, qui transforma sa grave commotion cérébrale en opportunité d’amélioration bio-ionique, pour une première mondiale, et alors que les progrès avaient longtemps balbutié. Ces derniers étaient notamment alimentés par les cas plus fréquents dans le hockey sur glace, où Genève s’installait d’ailleurs comme place forte avec son club, le GSHC.

La renaissance

Six mois plus tard, Keigo recommençait à marcher. Neuf mois plus tard, il courrait comme avant, et le 29 mai 2024 il participait au dernier entraînement de la saison, sans aucun problème, remusclé du corps et du cerveau. L’opération dont il avait bénéficié avait effectivement accru sa capacité d’apprentissage, sa vitesse de réaction, sans entamer ses grandes forces précédentes. La saison 2024-2025 le révéla comme un atout supérieur pour le Servette FC. Les Tottenham Hotspurs lui firent une proposition impossible à refuser pour Servette, tout en acceptant de le prêter 6 mois supplémentaires à Genève. Durant ce semestre, il explosa au regard des médias européens, avec des prestations remarquées en Coupe d’Europe, toujours sous le maillot grenat, alimentant désormais soit le français Hussayn Touati, soit le danois Alexander Lyng, avec grande complicité.

Ensuite, lors de ses deux saisons londoniennes, Tsunemoto convainquit en Premier League, s’assura 26 sélections d’affiliée en équipe nationale, et atteint notamment un quart de finale de Coupe du Monde pour l’équipe nippone dans un duel remarquable face aux Etats-Unis, qui se termina aux tirs au but (Keigo, dont le mental était devenu solide comme le roc, y réussit le sien).

Le retour

Puis il revint à Genève, où Stevanovic, son ancien coéquipier désormais entraineur-joueur, l’avait appelé. Sa haute considération de l’amitié avait pris le dessus. Et il entra dans la légende en étant ainsi non seulement 5 saisons de suite le meilleur joueur de son club, mais aussi celui de Super League. Il exécuta même une dernière saison comme capitaine un peu honorifique, soulevant ainsi la Coupe de Suisse pour la 5e fois victoire d’affilée, scène que le peuple grenat vit se transformer en une statue légendaire triomphant sur l’esplanade de la Praille. C’était donc un illustre mais inattendu Japonais au regard de l’histoire locale que montrait ce monument, qu’admiraient tant les jeunes supporters écoutant l’ambassadeur Kastriot Imeri conter les exploits grenat. 

La disparition

Nous étions alors en l’an de grâce 2033.

Keigo Tsunemoto était retourné au Japon depuis quelques temps. Il vivait malheureusement sa dernière année, son cerveau développant une tumeur maligne extrêmement néfaste.

A son décès, de nombreux hommages furent rendus depuis Londres et Genève. « Micha » Stevanovic était là, et représentait le Servette FC, à côté du président Valdo Fischer.

26 octobre 2024

01. Tremblement de Terre à Bâle (L’enquête)

 Ecrit une première fois en Juillet 2023, puis réécrit en décembre, alors que l’enregistrement d’origine a été perdu.

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L'archéologue

2173 ; on ne trouve que peu d’archives dans ce qui s’était passé au début du 21e siècle. Edmond Wells est cependant un enquêteur archéologue nord-européen de grande qualité, qui compte bien élucider les affaires qu’on lui soumet. Appelé par le « service automatisé des reliques découvertes », il se dépêcha aux alentours de « Confluence du Rhin » la petite ville qui s’était développée où autrefois se croisaient la Suisse, la France et l’Allemagne.

L'archive

Il feuilleta la sauvegarde quantique de la relique numérique intitulée « L’Album du Servette FC » et y conclut que l’enquête à lancer était sérieuse ; on y parlait du fameux Tremblement de Terre qui secoua la région dans le courant des années 2020, et qui s’était notamment matérialisé par une catastrophe humaine lors d’une manifestation sportive. Le texte qu’il avait lu parlait de la « Finale de la Coupe de Suisse, jouée à Bâle, entre Servette et le FC Bâle ». Ce match de football ne s’était pas terminé en raison de la catastrophe.

Le texte était toutefois relativement succinct, mais avait le mérite de relater l’histoire de la part d’un survivant, semble-t-il un supporteur amateur, pas un journaliste de métier. Il parlait de la composition d’équipe qui n’était que partielle :

Servette FC : 16 – Omeragic - 3 - Tsunémoto, 18 –Mazikou, 19 – Séverin, 5 – Scarer – 6 – Rui Pires, 8 – Cognat, 22 – Lyng, 10 – Stavanger, 21 – Guillemenot, 11- Fofana. Entr-Joueur : M. Stevanovic.

Remplaçants de Servette : 44 – Besson, 20 – Magnin, 23 – Sawadogo, 9 – Stevanovic, 20 – Rui Alves, 27 – Crivelli (Les enregistrements de deux autres noms n’étaient pas visibles).

FC Bâle : 1 – Arcobello, 5 – Lang, 4 – Akandji, 15 – Fitzgerald, 13 – Simonsen – 6 – Ratanovic, 8 – Hajrovic, 17 – Traoré, 27 – Tasar – 11 – Fink, 12 – Sturm. Entraineur : R. Wicky.

Remplaçants de Bâle : Ils étaient illisibles. Même le nom de l’entraineur bâlois l’était, mais il avait été déduit par les morceaux de texte qui avaient pu être déchiffrés.

Cet enregistrement était donc altéré. Mais Edmond Wells avait pu l’étudier et en déchiffrer une bonne partie.

Le résumé

Sommairement, ce que disait ce document pouvait être résumé en six points :

  • Il s’agissait d’une rencontre sportive très attendue, et la passion du narrateur était sensible tout au long du texte. Les photos et les vidéos étaient malheureusement inexploitables, même si un snapshot existait de la page de garde montrant une présentation de joueurs devant un public nombreux et festif, ainsi qu’un pan du texte coupé au milieu de la composition des équipes.
  • Le début du texte évoque un important historique, parlant davantage du Servette FC que du FC Bâle. On y comprend par exemple qu’il s’agit de la deuxième finale disputée par les genevois depuis bien longtemps.
  • On y apprend que le joueur Miroslav Stevanovic est devenu entraineur-joueur, et que son entrée au cours de la partie allait changer la physionomie du match. Servette menée, reviendrait au score puis marquerait son 3e but dans des prolongations du match.
  • C’est au moment du but marqué par Stevanovic, un tir qui touche les deux poteaux et qui finit de mourir derrière la ligne, que la catastrophe géologique survient. Elle est décrite assez précisément par l’auteur qui use d’onomatopées et d’allitérations pour décrire le craquement de la terre, l’effondrement des tribunes, ou encore les cris affreux et stridents des victimes.
  • Au lieu donc d’être un grand moment de joie, ce but met fin à l’événement sportif et le début d’un récit court du drame. L’auteur dira même que la marque de la rencontre n’affichera jamais le score de 2-3 obtenu par les Genevois au cours de cette prolongation. Il décrit aussi la panique très importante devant les ruines de la tribune principale des supporters bâlois, écroulée sur elle-même.
  • La fin du texte est moins lisible, on croit y déchiffrer un nombre de victimes à hauteurs de 1230 ou alors, et beaucoup plus vraisemblablement, d’environ 12300. Toujours est-il que raccroché aux autres archives historiques, on pense que cette catastrophe a fait plus de cinq cent mille morts à 45 kilomètres à la ronde.

Le complément d'enquête

Au Google Museum de Londres, Edmond Wells parvint à trouver d’autres archives remarquables de cette rencontre. Elle relate des exploits du jeune Mike Vesper Scarer, de l’étonnant Keigo « Coma »Tsunémoto, de la solidité de Sol Larry Fitzgerald, du carton rouge obtenu par ce même joueur américain, et insiste encore beaucoup sur le duo d’attaque bâlois Alec Fink et Thorsten Sturm absolument redoutable depuis deux saisons.

La rencontre fut un coup d’arrêt pour les deux clubs, même si le Servette FC s’en sortira bien mieux que le FC Bâle marqué assez définitivement par cette catastrophe d’une finale qui se disputait sur ses terres. Edmond Wells avait encore trouvé un texte en langue suisse alémanique parlant de la Muttenzkurve et de la catastrophe absolue et inédite depuis celle du Heysel le 29 Mai 1985. Plus de 40 ans plus tard, c’était un drame bien pire qui avait secoué toute la région.

Les notes de l'enquêteur

Dans son livre de notes, Edmond Wells admettait ne comprendre que difficilement la grande passion qui traversait cette époque pour ces événements sportifs, mais reconnaissait que les descriptions des scènes étaient affreuses et morbides. Il en avait froid dans le dos. Dans son rapport remis au « service automatisé des reliques découvertes », il indiquait ne pas pouvoir documenter foncièrement davantage les événements géologiques de l’époque, mais pouvait témoigner de l’horreur telle qu’elle était racontée par des passionnés de ce sport qui semblait très universel : le football.

31. For all Mankind

 Ecrit à la volée le 5 janvier 2025 à Ferney-Voltaire. -- Edmond Wells 2173 ; Edmond Wells rassemble ses dossiers, il était temps de se con...