30 novembre 2024

14. Emmenez-moi...

Ecrit le 23 août 2024 aux Bains de Saillon.

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Départ du port

Le vieux rafiot craquant qu’était devenu le FC Metz, s'était maintenant transformé en destroyer moderne depuis trois saisons, désormais, et sa victoire en Coupe de France le 20 mai 2028 en fut le meilleur symbole.

Pour cette nouvelle saison, le préparateur physique diététicien allemand Frank Esther Schmidt avait rejoint le club, notamment pour préparer ce difficile été de qualification européenne. 

Du point de vue des recrues, Cyprien B., jeune meneur de jeu de l'US Forbach était longtemps le seul à renforcer les troupes en place. Le coach Julien François jouait la carte de la stabilité. Le jeune ailier brésilien ambidextre Geronimo était toutefois attendu sous peu. Geronimo quittait ainsi le ciel lensois du Nord de la France, après une descente aux enfers de la Ligue 2 pour son club, et malgré tout le talent que le joueur de 21 ans avait montré sur une seule saison.

Gauthier Hein, le capitaine du FC Metz avait quant à lui annoncé qu’il jouerait sa dernière saison, et ce retour en Coupe d’Europe signifiait pour lui le couronnement d’une longue et belle carrière à bientôt 33 ans. Même s’il est vrai que cet âge n’était de loin plus une limite dans le football professionnel moderne. Son successeur tout trouvé avec Cyprien, la saison au milieu serait passionnante sachant que Joseph Nduquidi, lui aussi Forbachois, était devenu presque incontournable, il y a plusieurs saisons. Cette solidité au milieu était une des recettes du coach François, qui avait, avec ce poste, pris le chemin de ses rêves d’enfants depuis 3 saisons déjà.

Lancement réussi

Pour lancer sa saison, Metz avait affronté Sarreguemines, puis Kaiserslautern et Nancy en tournoi d'été, et enfin l'AJ Auxerre à Dijon. 4 matchs 4 victoires, toutes de différents niveaux : 4-1, 1-1 aux tabs, 2-0, puis 4-3. Après ce prologue, le premier match contre le Sheriff Tiraspol en tour de pré-qualification de Ligue Europa s'annonçait intéressant. Metz se déplaçait d'abord en pays inconnu sous l'éternel été, puis recevaient les Transnistrio-russes ensuite. Les Grenats s'inclinèrent 1-2 en Europe de l'Est, mais parvinrent à revenir à 2-1 au match retour, bien que menés 0-1. Ils s'imposèrent en dernière minute de la prolongation, sur un penalty généreusement attribué mais libérateur, réalisé par Hein.

En championnat, le FCM alla chercher un nul 0-0 au Havre, puis un autre (1-1) à St Symphorien face aux rivaux de Strasbourg. Arriva la double confrontation face aux Portugais de Belenenses. Cette fois, c’est à St Symphorien devant 33333 spectateurs déchainés et chantant de bon cœur que les Grenats ouvrirent le bal. Le coup d’envoi fut donné par un Joël Muller désormais retraité, avec une minute de silence pour le Président Carlo Molinari, décédé exactement un an plus tôt. Des larmes et aussi un parfum poivré d’éternel été lancèrent les hostilités, où les Messins furent à la hauteur de cette dernière étape avant la phase de groupes.

3-0 après 30 minutes de jeu, l’étonnant Geronimo avait déjà écrit l’histoire. Les Messins baissèrent ensuite de rythme, et Rashford Aznavour réduit par deux fois le score, avant et après la pause. Le match changea de philosophie, et heureusement que Nduquidi marqua un coup-franc extraordinaire à la 88e. C’est donc avec un avantage de deux buts, avec 4-2, que Metz irait au Portugal. Non sans devoir aller à Toulon, vers les docks où le poids d’un match ennuyeux finirait par peser, en championnat dans l’intervalle. Encore un nul, encore un 0-0.

Ode au voyage en Europe

Le match de Lisbonne se disputa devant 40000 portugais au pays des merveilles, puisque le CF Belenenses menait déjà 2-0 à la 5e minute, sur deux erreurs d’inattention de la défense messine. Et pourtant Frank Esther Schmidt avait minutieusement préparé la confrontation avec une bonne partie de l’équipe. Il était sous le choc.

Metz ne parvint pas à marquer, mais tint ensuite défensivement. Et fit même mieux que ça, avec 3 tirs qui heurtèrent successivement la barre transversale entre la 73e et la 87e. Il y eut donc une nouvelle prolongation. Et une nouvelle libération juste avant la sadique épreuve des tirs aux buts, grâce à une bicyclette inscrite par Cyprien B., entré en jeu après la fin du temps réglementaire. Il fut porté en triomphe par ses coéquipiers au Stade du Restelo.

L’aventure continua donc en Ligue Europa, pour des Messins qui avaient fin de rattraper un passé, mais sans remords, sans bagage, le cœur libéré. On n’allait pas rappeler la confrontation barcelonaise de 84 éternellement…

Après une défaite à Paris (contre le Paris FC) en championnat puis un nul 1-1 à domicile contre Nice, Metz devait se reprendre en Coupe d’Europe. Et la joute commençait avec les londoniens de West Ham, accueillis cependant au bout de la terre (pour eux), avec amour et soleil (pour les supporters Grenats). Cette fois, le coup d’envoi fut donnée par la thionvilloise Cécile Cube-Bouderbala, gardienne française récemment couronnée championne du Monde de cécifoot. West Ham fut terrassé 1-0, encore grâce à Cyprien, qui s’était fait sa place, et devint dès lors membre titulaire de l’équipe.

Comme il fallait relever la tête en championnat, la même équipe que contre les anglais fut alignée à Toulouse. L’amitié entre les supporters fut célébrée, et Metz revint avec une victoire 1-3, grâce à un doublé de Geronimo, et encore un but inscrit par Cyprien en fin de match. Une certaine euphorie se dessinait sur les réseaux sociaux. Il fallait maintenant affronter le SG Dynamo de Dresde, 5e du championnat allemand la saison précédente. Aller à Dresde, et vaincre ? Metz alla y chercher un bon nul 1-1, grâce à un doublé du suisse Ugrinic, une fois pour Dresde, et une fois contre son camp. Metz enchaîna par deux victoires en championnat contre des mal-classés.

Qualification jusqu’au Quart de Finale

Et la tournée européenne emmena ensuite les Grenat à Naples (défaite 1-3), à Metz contre Naples (0-0), à Metz contre Dresde (1-1), puis à Londres contre West Ham. Metz obtint sa qualification par 4-2 à l’extérieur, devant un public médusé par le talent de Hein, Nduquidi, Geronimo et celui de Cyprien. Ce dernier clôtura la marque à la 90e d’un lob en pleine lucarne, il fut grandement applaudi. Metz régatait à la 5e place en championnat à Noël. Les grandes années étaient de retour, et le club lorrain, ses sponsors automobiles et autres, ses supporters, ses suiveurs - tous, comptaient en profiter au maximum.

Epilogue

Le FC Metz passa contre l’Hajduk Split en huitième de finale (5-1 et 2-2) mais fut éliminé contre Chelsea en quart (0-2, 1-1) avec une malheureuse expulsion du capitaine Hein, qu’un arbitre humain n’aurait pas sifflée.

La saison messine fut toutefois un succès, avec une finale perdue de Coupe de France face aux amis Toulousains, et une belle 5e place tenue jusqu’au bout du championnat. Mme Vaillant, transportée, était maintenant prête à rajouter 10 millions au futur contrat de sponsoring.

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