Ecrit à Alsting, le 27/07/2024 – complété les 11/08 et 23/11/2024 à Ferney-Voltaire.
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Le Luxembourg
Construit historiquement sur l’économie de l’acier, le Luxembourg coincé aujourd'hui entre l’Allemagne, la Belgique et la France, s’est développé ensuite dans les services financiers et bientôt dans les technologies de conquête spatiale. Le Grand-Duché compte 740 000 habitants en 2030, et s’apprête finalement à rejoindre sous trois ans l’Union des Flandres pour constituer la Confédération du Benelux.
"Stevenborg Senior" devient sélectionneur
Henry Stevenborg et ses fils qui assistaient au très beau match Etats-Unis contre la Suisse au début des JO 2028, et c’est alors qu’un lointain petit-cousin luxembourgeois le reconnait et l’interpelle à la sortie des tribunes. C’est le début d’une courte mais folle aventure, parallèle à la carrière d’entraineur en club, de « Stevenborg Senior », comme certains journalistes finiront par appeler Henry, par rapport à Mickey et Francis.
Jean Kallenborn, dont les jumeaux de petits fils feront d’ailleurs une fantastique carrière de footballeurs aussi, est au côté d’Henry pendant la finale caniculaire des JO 2028 opposant les Etats-Unis au Brésil. Jean avait fini par convaincre Henry de s’intéresser à la sélection des M21 et olympique du Luxembourg. Et cette occasion de la Finale fut la concrétisation de cet accord. En marge du match, Henry se laissa convaincre qu’essayer de mener le Luxembourg aux JO de 2032 était un beau pari. Bientôt, il allait rejoindre Dagenham and Redbridge, c’était en soi un pari, mais Henry était d’un esprit d’entreprise inégalé, et il n’avait pas peur du risque.
Deux mois plus tard, Henry Stevenborg, flanqué de son fils Francis, et de l’entraineur des gardiens Anthony Moris était présenté comme le nouveau sélectionneur M21 et M23 de la (dernière) sélection du Grand-Duché. Il prenait ce rôle en plus de celui d’entraineur général de Dagenham and Redbridge, un autre challenge.
La qualification
Après deux saisons prometteuses, les M23 luxembourgeois commencèrent leur parcours de qualification pour les JO de Brisbane en Australie. Le Luxembourg jouait alors un groupe de qualification composé de l’Union des Flandres, qui jouait lui-aussi sa dernière compétition, de la France, de l’Italie, de l’Albanie, et de l’Empire Turc. Il fallait l’emporter dans ce groupe pour se qualifier, ou terminer meilleur deuxième des 6 groupes européens, autant dire que rien n’était gagné. Et pourtant…
Henry Stevenborg sélectionnait dernièrement les joueurs luxembourgeois évoluant en Bundesliga, dans la Fédération des Flandres, au Portugal et au FC Metz, qui avait développé un partenariat de longue date, en plus de 3 ou 4 joueurs évoluant dans le bon championnat national.
Après 5 matchs, les M23 du Lion avaient joué contre chacun des adversaires et n’avaient concédé une défaite qu’en Italie, par 2-3, en terminant le match à 10. Avec 2 victoires à domicile et 2 nuls, tout était encore permis. Le 6e match à Istanbul s’annonçait comme la charnière de cette phase qualificative. Le jeune ailier Jean-Baptiste Braun créa alors l’exploit en ouvrant le score à la 1ère minute sur un corner direct, et la furie des 35000 stambouliotes n’y pu rien au cours d’une rencontre tendue mais verrouillée par la défense luxembourgeoise. Avec cette nouvelle victoire 0-1, le Luxembourg était vraiment dans la course à la qualification.
Le mercredi 14 avril 2032, à Luxembourg, les M23 d’Henry Stevenborg accueille la France, qui était en tête du groupe jusqu’en Novembre, et qui l’a alors cédée à l’Italie. Si le Luxembourg bat la France, le Luxembourg terminera deuxième du groupe derrière les Italiens qui se sont assurés la veille une qualification olympique à Tirana. Devant 9800 spectateurs, les joueurs au maillot rayé bleu ciel et blanc remportèrent le match grâce à des prestations exceptionnelles de Braun et de Jean-Michel Moris au but, le fils d’Anthony. Esteban Carioca en attaque avait scellé le 3-2 dans une explosion de joie incroyable. Le Luxembourg irait donc à Brisbane, et Stevenborg prolongerait donc de quelques mois sont mandats, qu’il comptait secrètement finir en apothéose.
Le tournoi olympique de 2032
Dans le tournoi olympique australien, le Luxembourg affronta l’ogre Etasunien, l’autre ogre Chinois, les voisins Néo-zélandais, et enfin l’Empire d’Ethiopie-Erythrée, pour la première fois réunies aux JO. Encore une fois, rien de simple. Il fallait terminer dans les 2 premiers pour se qualifier en huitième de finale. Le Luxembourg et son capitaine Jean-Baptiste Braun va même remporter le groupe à la surprise générale.
En huitième de Finale, les jeunes joueurs du Lion vont retrouver l’Italie, et se qualifier aux tirs aux buts. En quart de Finale, c’est l’équipe argentine qui se présente. Et là encore, Moris fera des exploits entre les poteaux, et le penalty de Carioca en fin de rencontre expédia le Luxembourg pour la première fois de son histoire dans une Demi-Finale. La médaille pour les gars de Stevenborg n’était pas loin. Dommage que Francis avait lâché l’affaire en 2030, Henry aurait été fier d’emmener son fils jusque-là, mais Francis menait désormais son propre bateau.
La Demi-finale
La demi-finale contre l’équipe d’Australie, emmenée par son capitane Voltaren Kukuruzovic, apparaissait comme une aubaine pour les locaux ; elle devint un enfer. Le coup d’envoi fut donné par la directrice de la base lunaire Samantha Cristoforetti, de retour après 6 mois de mission. Le match fut serré. A 1-1, à la fin du temps réglementaire, le Luxembourg et l’Australie entamèrent chacun leur 2e prolongation dans la compétition. Stevenborg n’avait pas toujours fait rentrer le moindre remplaçant, préservant son équipe au maximum. La 118e minute, toujours 1-1. C’est là que Stevenborg fait entrer non seulement son attaquant mais aussi son gardien remplaçant. A la 119e, le milieu australien Ticinese envoit un boulet de canon en pleine lucarne, mais Streiff, le fameux gardien remplaçant, alla cherche cette balle dans une détente de dernière chance.
Andrew Streiff était d’origine sino-américaine du côté de sa mère et de nationalité luxembourgeoise depuis ses 14 ans. Avant il avait grandi dans la banlieue de Saint-Louis, avant d’arrivée avec sa famille au Grand-Duché. C’est aux Etats-Unis qu’il s’était mis au « soccer », et son gabarit déjà imposant le poussa dans les buts. C’était donc un jeune gardien qui avait débarqué à Luxembourg un été des années 20, et le voilà à Brisbane pour les JO sous les couleurs luxembourgeoises.
C’est parti pour les tirs aux buts, devant 90000 spectateurs médusés de voir leur équipe australienne à ce point mise en danger. Cristoforetti était très enthousiaste devant un tel spectacle.
Tirs au but d’anthologie
C’est 4-4, tous les tireurs ont marqué, quand Carioca se présente et rate. Si Kukuruzovic marque, l’Australie se qualifie ; mais Andrew Streiff repousse le ballon d’un doigt sur sa gauche. Toujours 4-4. Les prochains tireurs vont tous marquer, jusqu’à Streiff lui-même. Un grand doute frappe les sujets du Grand-Duc, quand le jeune Greg Nowak tire au-dessus. Mais quand son adversaire de gardien se présente devant lui, Streiff décide de rester droit dans ses bottes et bloque la Panenka de l’Australien. Toujours égalité. Quelques instants plus tard, à 8-8, c’est le jeune Thill qui se présente et donne le 9-8 au Luxembourg. Luc Holtz dans les tribunes est aux anges, il suffit pour Streiff d’arrêter le tir de Ticinese. Et Streiff détourne le tir sur le poteau déclenchant… la stupeur générale et la joie mêlée d'une immense fierté pour les quelques centaines de luxembourgeois dans le stade. Le Luxembourg ira en Finale des Jeux olympiques…
La médaille d’argent
La Finale arbitrée par le grand-russe humanoïde Arthus Klashka se tient quatre jours plus tard, et opposera la Grande-Bretagne Unifiée aux Luxembourgeois, dans leur dernière compétition. Stevenborg y sera mis à l’honneur pour l’extraordinaire exploit d’avoir amené son équipe en Finale. Et s’il finira par perdre avec son équipe sur un score honorable de 3-1, donnant une médaille d’or supplémentaire à la GBU, il en ressortira grandi d’une aura qui servira sa carrière servettienne. Et, sans doute, celle de ses fils, qui passeront tous les deux par la Grande Bretagne très rapidement.
La médaille d’argent remise à Henry par l’australobritannique Katherine Bennell-Pegg, la nouvelle directrice de la base lunaire en vacance sur la Terre, fut le paroxysme de sa carrière. Dans une interview qui suivi la cérémonie, Henry ne manqua pas de remercier la française Bérénice Julianne, qui était intervenue régulièrement auprès de son équipe.
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