Ecrit une première fois en Juillet 2023, puis réécrit en décembre, alors que l’enregistrement d’origine a été perdu.
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L'archéologue
2173 ; on ne trouve que peu d’archives dans ce qui
s’était passé au début du 21e siècle. Edmond Wells est cependant un
enquêteur archéologue nord-européen de grande qualité, qui compte bien élucider
les affaires qu’on lui soumet. Appelé par le « service automatisé des
reliques découvertes », il se dépêcha aux alentours de « Confluence
du Rhin » la petite ville qui s’était développée où autrefois se croisaient
la Suisse, la France et l’Allemagne.
L'archive
Il feuilleta la sauvegarde quantique de la relique numérique
intitulée « L’Album du Servette FC » et y conclut que l’enquête à
lancer était sérieuse ; on y parlait du fameux Tremblement de Terre qui
secoua la région dans le courant des années 2020, et qui s’était notamment
matérialisé par une catastrophe humaine lors d’une manifestation sportive. Le
texte qu’il avait lu parlait de la « Finale de la Coupe de Suisse, jouée à
Bâle, entre Servette et le FC Bâle ». Ce match de football ne s’était pas
terminé en raison de la catastrophe.
Le texte était toutefois relativement succinct, mais avait
le mérite de relater l’histoire de la part d’un survivant, semble-t-il un
supporteur amateur, pas un journaliste de métier. Il parlait de la composition
d’équipe qui n’était que partielle :
Servette FC : 16 – Omeragic - 3 - Tsunémoto, 18
–Mazikou, 19 – Séverin, 5 – Scarer – 6 – Rui Pires, 8 – Cognat, 22 – Lyng, 10 –
Stavanger, 21 – Guillemenot, 11- Fofana. Entr-Joueur : M. Stevanovic.
Remplaçants de Servette : 44 – Besson, 20 – Magnin, 23
– Sawadogo, 9 – Stevanovic, 20 – Rui Alves, 27 – Crivelli (Les enregistrements
de deux autres noms n’étaient pas visibles).
FC Bâle : 1 – Arcobello, 5 – Lang, 4 – Akandji, 15 –
Fitzgerald, 13 – Simonsen – 6 – Ratanovic, 8 – Hajrovic, 17 – Traoré, 27 –
Tasar – 11 – Fink, 12 – Sturm. Entraineur : R. Wicky.
Remplaçants de Bâle : Ils étaient illisibles. Même le
nom de l’entraineur bâlois l’était, mais il avait été déduit par les morceaux
de texte qui avaient pu être déchiffrés.
Cet enregistrement était donc altéré. Mais Edmond Wells
avait pu l’étudier et en déchiffrer une bonne partie.
Sommairement, ce que disait ce document pouvait être résumé en six points :
- Il s’agissait d’une rencontre sportive très attendue, et la passion du narrateur était sensible tout au long du texte. Les photos et les vidéos étaient malheureusement inexploitables, même si un snapshot existait de la page de garde montrant une présentation de joueurs devant un public nombreux et festif, ainsi qu’un pan du texte coupé au milieu de la composition des équipes.
- Le début du texte évoque un important historique, parlant davantage du Servette FC que du FC Bâle. On y comprend par exemple qu’il s’agit de la deuxième finale disputée par les genevois depuis bien longtemps.
- On y apprend que le joueur Miroslav Stevanovic est devenu entraineur-joueur, et que son entrée au cours de la partie allait changer la physionomie du match. Servette menée, reviendrait au score puis marquerait son 3e but dans des prolongations du match.
- C’est au moment du but marqué par Stevanovic, un tir qui touche les deux poteaux et qui finit de mourir derrière la ligne, que la catastrophe géologique survient. Elle est décrite assez précisément par l’auteur qui use d’onomatopées et d’allitérations pour décrire le craquement de la terre, l’effondrement des tribunes, ou encore les cris affreux et stridents des victimes.
- Au lieu donc d’être un grand moment de joie, ce but met fin à l’événement sportif et le début d’un récit court du drame. L’auteur dira même que la marque de la rencontre n’affichera jamais le score de 2-3 obtenu par les Genevois au cours de cette prolongation. Il décrit aussi la panique très importante devant les ruines de la tribune principale des supporters bâlois, écroulée sur elle-même.
- La fin du texte est moins lisible, on croit y déchiffrer un nombre de victimes à hauteurs de 1230 ou alors, et beaucoup plus vraisemblablement, d’environ 12300. Toujours est-il que raccroché aux autres archives historiques, on pense que cette catastrophe a fait plus de cinq cent mille morts à 45 kilomètres à la ronde.
Au Google Museum de Londres, Edmond Wells parvint à trouver
d’autres archives remarquables de cette rencontre. Elle relate des exploits du
jeune Mike Vesper Scarer, de l’étonnant Keigo « Coma »Tsunémoto, de
la solidité de Sol Larry Fitzgerald, du carton rouge obtenu par ce même joueur
américain, et insiste encore beaucoup sur le duo d’attaque bâlois Alec Fink et Thorsten
Sturm absolument redoutable depuis deux saisons.
La rencontre fut un coup d’arrêt pour les deux clubs, même
si le Servette FC s’en sortira bien mieux que le FC Bâle marqué assez
définitivement par cette catastrophe d’une finale qui se disputait sur ses
terres. Edmond Wells avait encore trouvé un texte en langue suisse alémanique
parlant de la Muttenzkurve et de la catastrophe absolue et inédite depuis celle
du Heysel le 29 Mai 1985. Plus de 40 ans plus tard, c’était un drame bien pire qui
avait secoué toute la région.
Dans son livre de notes, Edmond Wells admettait ne comprendre que difficilement la grande passion qui traversait cette époque pour ces événements sportifs, mais reconnaissait que les descriptions des scènes étaient affreuses et morbides. Il en avait froid dans le dos. Dans son rapport remis au « service automatisé des reliques découvertes », il indiquait ne pas pouvoir documenter foncièrement davantage les événements géologiques de l’époque, mais pouvait témoigner de l’horreur telle qu’elle était racontée par des passionnés de ce sport qui semblait très universel : le football.
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